La France attendait Jimmy Vicaut sur le 100 m. Mais la médaille olympique à Rio au sprint en athlétisme est venue de Christophe Lemaitre sur 200 m. Ce dernier a réussi l'exploit de sa carrière en obtenant dans la nuit de jeudi à vendredi le bronze derrière l'intouchable Usain Bolt et le Canadien Andre De Grasse. Un exploit à plus d'un titre.
La première médaille en sprint court depuis 56 ans
Lemaitre a remporté la 2e médaille olympique individuelle française de l'histoire sur un sprint court. Il rejoint en cela Abdoulaye Seye, arrivé 3e lors des Jeux olympiques de Rome en 1960 sur 200 m. Le Sénégalais courrait alors pour la France, son pays, le Sénégal, à peine indépendant, n'étant pas encore inscrit au Comité international olympique.
Si la France n'a jamais réussi à décrocher une médaille sur l'épreuve reine du 100 m, elle est en revanche abonnée au bronze sur le relais 4x100 m (1920, 1964, 1968, 1980, 1988 et 2012). Celui de Londres, dont était Christophe Lemaitre, avait cependant été récupéré sur tapis vert après la disqualification du relais américain, en 2015, à la suite du contrôle positif de Tyson Gay. A Rio, Lemaitre vit donc pour la première fois la sensation d'une montée sur un podium olympique.
La fin d'une traversée du désert
Du propre aveu de Christophe Lemaitre, sa médaille "a un goût de renaissance, de résurrection". Le Français n'avait plus fait de podium internationaux depuis sa médaille de bronze sur le 200 m des Mondiaux de 2011, à 21 ans, en 19''80 - quasiment le temps de Bolt à Rio (19''78). "A Daegu, tout me réussissait, je ne connaissais pas la défaite. Là, médaille olympique, c'est largement mieux, a-t-il expliqué. Je savais que je n'étais pas mort, que ça allait revenir."

Christophe Lemaitre avait terminé 3e du 200 m des Mondiaux 2011, remporté par Usain Bolt.
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Alors qu'il dominait en 2010 et 2011 le sprint européen, Christophe Lemaitre a connu de nombreux bas, éclipsé aussi par les promesses des bons chronos de Jimmy Vicaut sur 100 m. Trop stressé, il avait terminé 6e de la finale des JO de Londres. Il a subi de 2013 à 2015 un cycle de blessures qui l'ont empêché de retrouver ses meilleurs chronos. Les 20''12 qui lui offre le bronze à Rio ne lui auraient d'ailleurs pas permis de monter sur le podium à Daegu. Mais qu'importe le chrono, tant qu'il y a la médaille.
Le détail qui a tout changé
Malgré un bon départ, Lemaitre était englué au milieu à mi-course, loin des intouchables Usain Bolt et Andre De Grasse. Ce n'est que sur les derniers centimètres qu'il a réussi à passer son voisin néerlandais du couloir 8, ainsi que le Britannique Adam Gemili (couloir 2), pour trois millièmes. "Je voyais que je n'arrivais pas à rattraper Churandy Martina aussi vite que je l'espérais, a-t-il expliqué. Mais j'ai bien fait de casser à trois mètres de la ligne".
"J'étais moins bien, j'ai dû batailler", a reconnu Lemaitre, qui avait couru en 20''01 en demi. La maîtrise parfaite d'un geste technique élémentaire du sprint, le casser, aura fait la différence. Son exploit sur 200 m s'est joué à presque rien. Il en est d'autant plus remarquable.