Manger tous les jours au fast-food aurait-il une influence positive sur les performances des sportifs? La réponse semble évidente, non. Et pourtant, dans son autobiographie paru en novembre 2013, Faster Than Lightning (Plus rapide que la lumière), le sprinteur jamaïcain a raconté une anecdote qui n'est pas passé inaperçue. Pendant les JO de Pékin, Usain Bolt aurait passé son temps à manger au McDonald's, et plus particulièrement à ingurgiter des nuggets.

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"Le premier jour, j'ai mangé une boîte de vingt nuggets pour le déjeuner, puis une autre pour le dîner, raconte-t-il. Le lendemain, je suis passé à deux boîtes pour le petit-déjeuner, toujours une pour le déjeuner et deux autres dans la soirée".

"Du mauvais gras"

En tout, l'athlète aurait avalé un millier de nuggets durant ses dix jours passés à Pékin. Une consommation record qui ne l'a pas empêché de décrocher trois titres olympiques (100m, 200m, 4x100m) et autant de records du monde. Alors quelles conséquences ce régime alimentaire a-t-il pu avoir sur ses performances?

"En soit, ce n'est pas néfaste, explique Julien Rebeyrol, préparateur physique et diététicien-nutritionniste du sport en région lyonnaise. Mais on retrouve dans cet aliment des déchets de viande, souvent de mauvaise qualité, et des acides gras saturés dans la friture. Du mauvais gras."

"Les nuggets ont un apport plutôt bon en protéines, en énergie, en calorie et en puissance mais pas en fibres, ni en vitamines, poursuit Stéphanie Dufant, diététicienne-nutritionniste en région parisienne. Évidemment, ce n'est pas un aliment à recommander pour un sportif de haut-niveau, ni pour personne d'ailleurs. Pour la plupart des gens, les graisses cuites sont longues à digérer. Et la digestion consomme pas mal d'énergie." "Ce type d'aliment, plutôt gras, ralentit la digestion, ce qui peut poser problème avant une course", confirme Julien Rebeyrol.

Peu d'impact à court terme

"A un tel niveau et avec un tel entraînement, il n'y a que peu d'impact sur du court terme, estime Stéphanie Dufant. On ne peut pas perdre le bénéfice de toute une année d'alimentation saine." "Sur ce genre de distances courtes où il n'y a pas besoin d'une réserve énergétique aussi importante que sur un marathon par exemple, il y a très peu d'effets, ajoute Julien Rebeyrol. La gestion de la masse musculaire au quotidien est différente selon les disciplines. Mo Farah sur 5 000 m ne pourrait sûrement pas se permettre ça."

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Des risques à long terme

Les conséquences néfastes de ce type de régime alimentaire se répercutent finalement sur du plus long terme. Il y a un risque de blessures dues à une mauvaise récupération, des risques de carences ou encore de maladies cardio-vasculaires, selon les nutritionnistes. "Avec les sportifs que je prépare, je ne fais pas tant la chasse que ça à ce type d'aliments, nuance Julien Rebeyrol. Cela peut être une soupape à un moment de leur parcours." Un plaisir coupable dont à quelque peu abusé Usain Bolt tout de même.