Il fallait le meilleur de Mayer pour décrocher une médaille aux Jeux de Rio. C'est ce que le Français a réalisé sur les deux jours de son décathlon olympique. Juste derrière l'intouchable américain, Ashton Eaton, il termine donc deuxième de la compétition, apportant du même une troisième médaille d'argent à l'athlétisme français après celles de Lavillenie et Robert-Michon. La 33e de la délégation bleue depuis le début des Jeux. Mais aussi la première d'un décathlonien français aux Jeux depuis 1948.

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Pour décrocher ce podium, Kévin Mayer a réalisé le plus beau décathlon de sa carrière. Et de loin. Au fil de ses dix travaux, l'athlète de 24 ans a effacé quatre de ses records personnels, sur 100m, 400m, à la perche et au poids. Avec un total de plus de 8834 points, il pulvérise au passage le record de France de Christian Plaziat, vieux de... 26 ans. Il s'agit aussi de la 6e performance de tous les temps.

"Aston Eaton m'a dit: I love You"

"C'est quatre ans de préparation. Ça me mène à une médaille et un record de France. Je n'étais pas vraiment sur un nuage mais, pardonnez-moi l'expression, je me suis sorti les doigts du cul", analysait à chaud le France au micro de France Télés. "Ça fait tellement d'années que je me pose la question de savoir si je vais réussir." Lors de l'accolade finale partagée avec Ashton Eaton, son "idole", l'Américain lui aurait glissé à l'oreille "I love You". "Moi je lui ai dit que je l'aimais aussi."

Titiller les meilleurs

Dans le clan français, cette médaille est une bonne surprise venant d'un athlète qui ne comptait pas de médailles au niveau mondial jusque-là, si ce n'est chez les juniors. Il participait à ses deuxièmes Jeux après Londres (15e). Avant de débarquer à Rio, il se disait impatient d'en découdre pour montrer l'étendue de ses progrès. Son objectif annoncé était de titiller les meilleurs pour rêver d'un podium. Mais il ne se faisait pas d'illusion pour décrocher l'or, le recordman du monde, Eaton, étant au-dessus du lot. Il avait néanmoins prévenu qu'il donnerait tout pour atteindre son but, "jusqu'à ce que mort s'en suive." On vous rassure, il n'a pas eu besoin d'aller si loin.