Aux Jeux olympiques, il y a ceux qui traversent leur compétition discrètement, préférant partir sans fracas en cas de défaite, ou rester discrets même s'ils remportent une médaille. Et puis il y a ceux qui sortent du lot, qu'ils perdent ou qu'ils gagnent, en mal ou bien. Place à la remise des prix non-officielle de ces Jeux, celle qui couronne les athlètes ayant réussi à se faire remarquer, et pas seulement par leurs performances.
Médaille d'or de la mauvaise foi: Izzat Artykov
"Je soupçonne l'haltérophile français d'avoir ajouté des produits dopants à ma boisson ou ma nourriture." C'est ce qui s'appelle être pris en flagrant délit de mauvaise foi. Médaillé de bronze en moins de 69kg, l'haltérophile Izzat Artykov a été disqualifié après avoir été contrôlé positif. Mais au lieu de reconnaître les faits, le Kirghize a décidé de se lancer dans une justification pour le moins surprenante, et très grave, en accusant Bernardin Kingue Matam, 8e de la finale, de l'avoir dopé. Après la compétition, le Français avait expliqué qu'il attendait le résultat des contrôles antidopage, et qu'il pourrait gagner "quatre places, parce que les cinq premiers ne sont pas clean". Bien vu.
Le plus beau plongeon: Shaunae Miller
Pour coiffer Adam Gemili sur la ligne d'arrivée et remporter le bronze en finale du 200m, Christophe Lemaitre a réalisé un cassé, le nom donné dans le jargon du sprint au geste d'un athlète qui termine en inclinant le torse. Shaunae Miller, elle, a eu recours à une tactique bien plus originale, mais tout aussi payante. La Bahaméenne est devenue championne olympique du 400m, devant l'Américaine Allyson Felix, grâce à un improbable plongeon sur la ligne d'arrivée. "C'était juste une réaction sur le moment, a-t-elle confié après sa course. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé en fait, mon esprit a fait le vide et je me suis retrouvée par terre." Une technique qui devrait en inspirer d'autres.

Photomontage illustrant la conquête du titre de Shaunae Miller sur 400 m, lors des Jeux de Rio, le 15 août 2016
© / afp.com/OLIVIER MORIN
La pire excuse: Renaud Lavillenie
Ils étaient deux à mériter ce prix et cela n'a pas été simple de les départager. Renaud Lavillenie et Kristina Mladenovic ont rappelé, à l'occasion des JO, qu'un sportif vaincu pouvait rapidement endosser le costume de mauvais perdant. Le premier s'est distingué par ses critiques appuyées envers le public brésilien, à qui il a reproché de l'avoir sifflé en finale du saut à la perche, se comparant même à l'athlète noir Jesse Owens, conspué aux Jeux de 1936 sous les yeux d'Adolf Hitler.
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La seconde ne s'est pas privée pour incriminer la Fédération française de tennis après son élimination surprise au premier tour du double dames, coupable selon elle de ne pas l'avoir informée d'un point de règlement vestimentaire. Mais le perchiste français, médaillé d'argent derrière le Brésilien Thiago Braz da Silva, l'emporte tout de même d'une courte tête.
Le meilleur finish: Iurii Cheban
Iurii Cheban a tant donné en finale du C1 200m, en canoë, qu'il a carrément terminé à l'eau. Pour devancer ses concurrents, l'Ukrainien a décidé de jeter son embarcation dans les derniers mètres. Une stratégie qui l'a fait chavirer, mais qui lui a surtout de remporter la médaille d'or, juste devant l'Azéri Valentin Demyanenko et le Brésilien Isaquias Queiroz. Et loin du Français Thomas Simart, arrivé à la 8e place.
La chute la plus ridicule: Jeffrey Julmis
Après seulement deux secondes et deux dixièmes, les espoirs de finale olympique de Jeffrey Julmis se sont envolés. L'Haïtien est tombé dès le premier obstacle dans sa demi-finale du 110m haies. Une terrible chute qui ne l'a toutefois pas empêché de se relever, et de terminer sa course. Avec un temps bien évidemment insuffisant pour passer en finale, certes, mais qui lui a valu une ovation du public.
La rébellion la plus classe: Michael Conlan
"Ils m'ont volé mon rêve olympique, les juges sont corrompus, c'est aussi simple que ça, et la corruption va très loin." C'est peu dire que perdre face au Russe Vladimir Nikitin, en quarts de finale des -56 kg, a laissé un goût très amer à l'Irlandais Michael Conlan. Persuadé de s'être fait voler, le champion du monde en titre a laissé explosé sa colère, distillant au passage quelques doigts d'honneur aux juges. Une réaction pas forcément en phase avec "l'esprit olympique", mais finalement compréhensible vu les soupçons de corruption qui planent régulièrement sur le monde de la boxe.
La médaille du courage: Yohann Diniz et Billy Besson
Ils ont été au bout de leurs forces, et même un peu plus. Yohann Diniz a vécu un véritable calvaire sur le 50km marche, entre saignements, problèmes gastriques et malaise. Il a tout de même tenu à aller jusqu'au bout, exténué, au point d'être perfusé et hospitalisé plus de quatre heures après sa course.
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Billy Besson, lui, a terminé son épreuve de voile, avec son binôme Marie Riou, avant d'être rapatrié en urgence en France, pour soigner une hernie discale. S'ils n'ont pas décroché de médaille à Rio, ils ont largement fait honneur au drapeau tricolore.
Le plus gros chagrin: Novak Djokovic
Il comptait bien remporter le seul titre majeur manquant à son formidable palmarès. Il semblait bien armé pour le faire et disposait même d'un tableau ouvert après les forfaits de certains de ses concurrents les plus sérieux. Et pourtant, il s'est fait sortir dès le premier tour, éliminé en deux manches par le 141e mondial. Cette défaite face à Juan Martin Del Potro, Novak Djokovic risque de mettre du temps à la digérer. Marqué par cette désillusion, il n'avait pas pu retenir ses larmes à la fin de la rencontre. Du rarement vu chez le Serbe.
La plus belle joie: Scott Evans
En s'imposant face à l'Allemand Mark Zwiebler en phase de poules, Scott Evans est devenu le premier Irlandais à remporter un match de badminton aux Jeux olympiques. Il a même fait mieux en décrochant son ticket pour les huitièmes après sa victoire face au Brésilien Ygor Coelho. Une qualification historique fêtée comme il se doit par Evans, qui a d'abord retiré son t-shirt, avant de se tourner vers son clan, tout aussi bouillant. Qui a dit qu'il n'y avait pas d'ambiance en badminton?
La punchline la plus forte: Rafaela Silva
"Le singe qu'ils voulaient enfermer dans une cage à Londres est désormais une championne olympique à la maison." Cette phrase, pour le moins puissante, est signée Rafaela Silva. Cette judokate de 24 ans a remporté la première médaille d'or du Brésil aux Jeux de Rio, en s'imposant dans la catégorie des moins de 57kg. C'est une belle revanche pour celle qui avait subi des commentaires racistes sur les réseaux sociaux, après son élimination précoce à Londres, en 2012.
La blessure la plus terrible: Samir Aït-Saïd
C'est l'une des images les plus marquantes de ces JO, et elle est difficile à oublier une fois regardée. La blessure à la jambe gauche du gymnaste français Samir Aït Saïd a ému sportifs et spectateurs. Mal retombé à la suite d'un saut, il a été victime d'une double fracture ouverte tibia-péroné. Un coup dur pour le Français, qui a toutefois donné rapidement des nouvelles rassurantes à ses fans, et promis qu'il faudrait compter sur lui pour les prochains Jeux de Tokyo

Samir Aït-Saïd, le 6 août 2016, à Rio, lors des JO
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