"J'ai des informations selon lesquelles le passe vaccinal pourrait être réactivé à partir du 1er août prochain". C'est ce qu'a déclaré lundi 27 juin le maire de Nice Christian Estrosi à l'occasion d'un conseil métropolitain de la métropole Nice Côte d'Azur. De quoi inquiéter certains, en pleine période estivale, malgré le rebond de l'épidémie de Covid-19 porté par des sous-variants de la famille d'Omicron, dont BA.5, encore plus transmissibles. L'extrait a ensuite été relayé sur les réseaux sociaux.

Mais, ce mardi 28 juin, le président de la métropole Nice Côte d'Azur a rétropédalé : "Non, non, je n'ai pas d'informations." "Ceux qui en ont déduit tout cela, naturellement, sont ceux qui n'écoutent pas et n'analysent pas dans le détail les mots qui ont un sens", a-t-il ajouté sur CNews.

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Christian Estrosi a précisé son discours sur un retour éventuel du passe vaccinal : "J'écoute des responsables de compagnies aériennes. (...) On peut imaginer qu'à partir de fin juillet, début août, pour le passage des frontières, il risque d'y avoir une demande de passe vaccinal".

Un passe sanitaire à l'arrivée dans l'Hexagone, en Corse et dans l'Outre-mer ?

Il s'agit justement d'une mesure envisagée par l'exécutif. Selon un avant-projet de loi visant à maintenir "un dispositif de veille et de sécurité sanitaire" jusqu'en mars 2023, publié par le site Atlantico et dont l'authenticité a été confirmée le vendredi 24 juin à l'AFP par le ministère de la Santé, le gouvernement envisage de recourir au passe sanitaire à l'arrivée dans l'Hexagone, en Corse et dans l'Outre-mer. Ce document ne prévoit en revanche pas de prolonger au-delà du 31 juillet la possibilité de rétablir l'état d'urgence sanitaire, ni un passe sanitaire ou vaccinal pour restreindre l'accès à certains lieux ou rassemblements.

Le texte, qui doit être présenté et examiné en juillet, contient trois articles, dont celui autorisant le Premier ministre à imposer par décret la présentation d'un passe sanitaire (test négatif, justificatif de vaccination ou certificat de rétablissement) à partir de 12 ans pour "se déplacer à destination ou en provenance du territoire hexagonal, de la Corse ou de l'une des collectivités" ultramarines. Ce passe aux frontières pourrait aussi s'appliquer "aux personnels intervenant dans les services de transport concernés". Le gouvernement veut aussi proroger jusqu'au 31 mars 2023 les fichiers informatiques SI-DEP (résultats des tests de dépistage) et Contact Covid (personnes infectées et cas contacts).

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Outre le retour au passe sanitaire dans certains cas, le gouvernement entend aussi favoriser le retour du masque, sans pour autant signer le retour des obligations et restrictions. Elisabeth Borne a demandé ce mardi aux préfets et autorités sanitaires d'encourager le port du masque "dans les lieux de promiscuité" et "espaces clos", en particulier "les transports en commun", face au regain de cas de Covid-19, a annoncé Matignon. La Première ministre, qui a réuni en visioconférence ce mardi préfets de départements et directeurs des agences régionales de santé, a repris plusieurs des préconisations effectuées lundi par la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, en sursis depuis sa défaite aux élections législatives, et qui a reçu sa deuxième dose de rappel.

Des "recommandations", sans "caractère obligatoire" mais qui interviennent alors que le taux d'incidence de l'épidémie "a doublé en une semaine sur la quasi-totalité du territoire métropolitain et dans l'ensemble des classes d'âge de la population", a souligné Matignon.

La Première ministre a également demandé que chacun "vérifie son schéma vaccinal", notamment les Français de plus de 60 ans et les plus fragiles qui "doivent bénéficier de la deuxième dose de rappel", c'est-à-dire leur quatrième injection. Ceux-ci doivent d'ailleurs recevoir "dans les prochains jours des mails de sensibilisation" de la part de l'Assurance maladie, a précisé Matignon.