Agathe Kersaudy

Perle d'Oléron

La vocation d'Agathe est née d'une drôle de rencontre, dans sa Bretagne d'origine, avec un ancien marchand de perles. « Il m'a légué tout son stock. Il y en avait 60 kilos ! Je devais bien en faire quelque chose », raconte la jeune femme. De fil en aiguille, elle s'est mise à confectionner colliers, bracelets ou boucles d'oreilles, qu'elle expose dans sa petite boutique-atelier du port de Saint-Denis-d'Oléron. Tous ces accessoires sont fabriqués à base de pâte de verre puis agrémentés de pierres semi-précieuses, de tissus ou de rubans. Un univers ludique et coloré, sans prétention. « Mes bijoux correspondent à l'émotion d'un moment. Chaque cliente doit pouvoir se faire plaisir sans amputer son budget vacances », explique Agathe, qui fonctionne également au coup de coeur. En fouillant, vous tomberez sur de ravissantes étoles de soie, des petites étagères colorées ou de gracieux aimants papillons rapportés d'un long voyage en Indonésie.

La Perle d'O, port de Saint-Denis-d'Oléron, 06-87-29-10-86.

Elisabeth Ruckstuhl

Paroles, paroles, paroles...

Amener les auteurs-compositeurs, ces « hommes de l'ombre », sur le devant de la scène. Tel est l'objectif d'Elisabeth Ruckstuhl lorsqu'elle lance, en 2006, la première édition du Festival en Ré à Ars, fief estival de bon nombre d'artistes. « Marc Chantereau, grand percussionniste, ou Didier Lockwood, violoniste de jazz réputé, font partie des fidèles », raconte cette juriste spécialiste des droits d'auteur passée par les plus grandes maisons de disques. Cette année, les projecteurs se braqueront sur Jean-Claude Vannier, qui écrivit pour les plus grands noms de la chanson française (Michel Jonasz, Brigitte Fontaine, Serge Gainsbourg...). La chanteuse Enzo Enzo, avec qui il a également travaillé, sera à ses côtés sur la place de la Mairie. « En général, la fête se poursuit autour d'un boeuf improvisé au Bistrot de Bernard, sur le port », confie Elisabeth, qui entend bien conserver cette spontanéité propre au benjamin des festivals en Ré majeur.

Festival en Ré, les 4, 5 et 6 août. Office de tourisme d'Ars, 05-46-29-46-09.

Mélanie Rocard

Des livres et des aiguilles

Ne lui dites jamais qu'elle est la femme du nouveau maire. Elle déteste ça. Mélanie tient farouchement à son indépendance. Pour les Islais, cette petite blonde pleine d'allégresse est surtout celle qui, il y a un an, a ouvert un lieu inédit sur l'île. Un savoureux mélange de thé, de livres et d'aiguilles à tricoter, les trois passions de Mélanie. Son but : faire de son salon un espace privilégié pour les échanges. « Les bars du port sont très masculins, il n'existait pas de lieu accueillant pour les femmes », explique-t-elle. Pari gagné : les Islaises, couturières ou non, défilent dans sa boutique pour une tasse de thé, un atelier de broderie ou, simplement, parler d'un roman qui les a transportées. Et peut-être en repartir avec un Kundera, l'un des auteurs fétiches de la maîtresse des lieux.

Ile était une fois, 17, rue de la Chaume, île d'Yeu, 02-51-58-82-67, http://ileetaitunefois.canalblog.com

André Bichon

Spartiate for ever

En voilà au moins un qui n'a pas attendu la mode pour tomber amoureux des sandales en cuir. André Bichon a façonné la première paire de ses mains pour chausser sa femme, le jour de son mariage. De fil en aiguille, cet ancien cordonnier en a fait son métier. Onze ans plus tard, il dispose, dans sa petite boutique de Noirmoutier (une ancienne cordonnerie), d'une trentaine de modèles. Leurs noms (Souzeaux, La Claire, Luzéronde, Ars...) évoquent des plages de Noirmoutier ou de l'île de Ré. Les formes varient de la classique spartiate, lacée à la cheville, à la célèbre Tropézienne façon K.Jacques, en passant par les créations pures et dures nées de l'imagination du sandalier. « J'aime jouer avec les types de cuir, le nubuck, les couleurs, les vernis ou les mats. Il n'y a pas de limites », raconte André, qui, dès l'été, se transforme en une petite fourmi dans son atelier, à Barbâtre. Il répond à lui seul à des dizaines de commandes quotidiennes. Au prix de nuits passées à assembler ses morceaux de cuir. Son obsession ? Arriver à la chaussure idéale : aussi jolie que confortable.

Sandales côté mer, 9, rue Richer, Noirmoutier-en-l'Ile, 02-51-39-65-28. A partir de 75 euros la paire.

Christian Bourdoiseau

« M. Panama »

Des Portes à La Couarde, en passant par Ars-en-Ré... Christian Bourdoiseau, facilement repérable à ses chemises en lin blanc et à son panama vissé sur la tête, sillonne les marchés de l'île de Ré avec son stock de fameux chapeaux en provenance directe d'Equateur. « Un véritable panama se reconnaît à la qualité de la paille, à la finesse de la trame, à l'uniformité du tressage », explique cet ancien cadre supérieur parisien qui surfe avec bonheur sur la tendance actuelle. « Cet accessoire, considéré comme ringard il y a encore quelques années, a été remis au goût du jour par le cinéma et par la mode », poursuit-il. En témoigne le défilé incessant des fashion victims autour de son stand.

Panama en Ré, 06-81-36-60-81, www.panamaenre.info

Francis Fortin

L'artisan flibustier

A Noirmoutier, tout le monde a entendu parler de « Francis, le Belge » - rien à voir avec le gangster marseillais. Si tous ne savent pas qu'il confectionne et restaure des voiles de bateaux à la Voilerie Burgaud, les Noirmoutrines connaissent bien ses sacs. Elles en ont même fait l'accessoire chic et indispensable de leurs vacances. Au point qu'on les surnomme déjà les « Vuitton » de l'île. C'est pourtant dans le « pur esprit marin » que Francis Fortin crée chacune de ses pièces. La toile, d'abord, d'origine anglaise, est celle que l'on utilise pour les vieux gréements. Son sac rond s'inspire directement des sacs à outils que l'on trouvait jadis sur tous les bateaux. Le sigle NO n'est autre que le quartier maritime. « Je n'ai rien inventé, je n'ai fait qu'observer la vieille marine », confie l'artisan. Assis sur son banc de voilier, il coud et assemble chaque sac à la main, à raison de quatre heures de travail par pièce. Cette saison, le voilier a aussi façonné quelques bérets de marins. Sûrement, le chapeau de l'été à Noirmoutier...

Les créations de Francis Fortin sont en vente à la galerie Seiller, 8, place de la République, Noirmoutier-en-l'Ile, 02-51-35-81-97, et à la Maison de l'artisanat d'art, 2, rue Nationale, La Guérinière, 02-51-39-80-91. A partir de 160 euros le sac.

Sandrine Lemaître

Bouquiniste unique

« Une bouquiniste à Oléron. Personne n'y croyait lorsque j'ai ouvert, il y a quatre ans ! » se souvient Sandrine Lemaître, aujourd'hui bien connue des îliens et des vacanciers du coin. Ils sont de plus en plus nombreux à venir farfouiller dans ses précieux rayonnages envahis de livres d'occasion en tout genre. Surtout les jours de pluie ! Les ouvrages consacrés à l'histoire, au régionalisme ou aux sciences humaines sont les plus prisés. « Des collectionneurs me confient aussi des recherches très pointues. Par exemple, sur les chemins de fer ou les engins de levage comme les grues. On n'est jamais au bout de nos surprises ! » raconte Sandrine. Plus besoin d'arpenter les brocantes et les ventes aux enchères : ses clients viennent à elle lorsqu'ils souhaitent vider une partie de leur bibliothèque... avant de repartir avec un nouveau stock de lectures.

Au fil des pages, 49, Grande Rue, Dolus-d'Oléron, 05-46-75-13-41.

Morgan Tonnel

Chapeau bas

Avec sa coupe à la garçonne et ses grands yeux verts, Morgan, 30 ans, a ce que l'on appelle une tête à chapeaux. Si cette Islaise pure souche a choisi d'en fabriquer, c'est surtout par amour de la couture et des tissus, qu'elle collectionne depuis toujours. Ces derniers s'entassent dans la boutique-atelier qu'elle partage avec sa maman (Annie Arquillère, tisseuse de rideaux depuis 1986). On y trouve ses Spirales : des chapeaux souples dans l'esprit capeline, parfaits pour l'été, qui se plient comme une tente en deux secondes et se glissent dans une petite housse. Et pour l'hiver, ses Bernics, clin d'oeil aux coquillages ou encore ses Lucioles en drap de laine. Des pois, des fleurs, des motifs panthère, des rayures... Impossible de ne pas trouver son bonheur parmi sa collection. Pétillante, comme elle.

Made in Yeu, 13, rue de la Chaume, Port-Joinville, île d'Yeu, 06-32-29-19-99.