Martine Pech

Un béguin pour la mode

Ici, des soies mélangées à des laines cardées, feutrées, qui se transforment en ponchos et en tuniques. Là, d'adorables bibis conçus à partir d'un bout de moustiquaire « détournée », d'une étoffe cousue sur un raphia rebrodé. Et, partout, des taches de couleurs vives, chatoyantes, ambiance à la Christian Lacroix. L'atelier de modiste de Martine Pech a décidé de restituer à l'expression « tricoter du bonnet » un sens noble. Après plusieurs années passées à « faire une tête à ses chambres d'hôte », Martine Pech a franchi le pas pour habiller de tête en cape tous les âges qui franchissent son seuil. Une glace de princesse, des fauteuils de conte de fées, le décor, un brin Alice au pays des merveilles, met l'objet en valeur, qu'il soit habillé de dentelles ou de plumes.

Passionnée de patchwork et d'art floral, Martine dit avoir « repris le chemin des écoliers », renouant ainsi avec son passé de styliste-patronnière, son CAP en « couture floue ». L'inspiration de ses courbes et déliés, elle la puise dans cet « art porté » que lui a instillé, il y a quelques années, à Vauvert, la plasticienne Yvonne Cabanis.

Petit Béguin, 30, rue du Docteur-Blanchard, Uzès (Gard), 06-26-36-75-08.

Fabrice Colin

La pierre dans le sang

Le grand-père a participé à la restauration des lieux, façades romanes comprises. Ça laisse des traces - surtout quand on a fait les beaux-arts. Fabrice Colin a été happé par la tradition familiale. Au début, pourtant, il reconnaît n'avoir que timidement entrouvert la porte de son atelier. Aujourd'hui, de la gargouille miniature au bas-relief inspiré par les cloîtres et édifices religieux du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, Colin suit son propre itinéraire. Entre terre cuite et pierre ocre-beige du bassin de Londres, le quadra n'entend pas succomber à l'objet décoratif. Il s'est constitué un havre secret où créer des pièces plus personnelles dans ce calcaire de la Liquière dont il vante la patine.

L'Atelier du sculpteur, rue Chapelle-des- Pénitents, Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault), 04-67-57-72-79.

Monette Lagrave

Carnets de route

Elle les qualifie de passe-temps, de « carnets cailloux ». Leurs couvertures, cartonnées, sont illustrées d'un calcaire, d'un bout d'écorce ouvragé, voire d'une coquille d'escargot. La plasticienne en assemble les pages intérieures sur papier de soie. Monette Lagrave a l'invention vagabonde et s'affiche « flâneuse ». Aucune brindille parsemant les sentiers, là-haut sur le Causse, ne lui est étrangère. Parvenu à l'étape, le promeneur de la steppe retrouve au gîte de Monette le calepin randonneur. Contenu ou contenant, chacun, à sa façon, aura couché sur le papier ce que son regard a croisé. L'exercice - « Il ne s'agit pas de créer un livre-objet », pondère l'intéressée - vaut pour les grands et les petits.

Le 7 août, avec l'association Kaméléon, Monette initiera les plus jeunes à la confection de ces chemins de traverse. Thème retenu : Stevenson sur les sentiers des Cévennes, voyage dont c'est le 130e anniversaire.

Gîte la Carline, 18, rue du Pêcher, Florac (Lozère), 04-66-45-24-54.