"Un jour, je l'ai baptisé "Grain de riz" et toute la mairie l'a appelé Grain de riz !". La scène est surréaliste : Isabelle Balkany, hilare, expliquant aux caméras de l'émission "90 minutes", diffusée sur Canal+, qu'elle appelle par ce sobriquet raciste un des employés de sa permanence :
"Grain de riz, c'est un petit 'boat people' qui est venu à Levallois il y a vingt ans. C'était Chirac qui nous avait demandé de prendre des boat people dans les villes. Et il est venu avec toute sa famille !", précise-t-elle à propos de l'homme qui, au même moment, masse les bras de l'élue de Levallois-Perret (Haut-de-Seine) comme tous les soirs après sa journée de travail.
Ces images, qui datent de 2002, ont été diffusées jeudi soir dans l'émission "Ça vous regarde" consacrée au racisme anti-asiatique. Et si elles ont profondément choqué sur le plateau et les téléspectateurs, Isabelle Balkany, elle, n'y voit toujours aucun fait de racisme.
"Il n'a aucun problème à se faire appeler 'Grain de riz'"
Contactée par le HuffPost, la maire par intérim de Levallois-Perret en rit encore aujourd'hui : "C'est à mourir de rire", confessant ne pas se souvenir du nom de son employé. "On les a logés, etc. il a été embauché au service des courriers, et comme il est tout petit, ses collègues l'ont appelé 'grain de riz'. Tout le monde l'appelle 'grain de riz', ça fait trente ans qu'il est à la mairie. Il n'a aucun problème à se faire appeler 'grain de riz', il est adorable, tout le monde l'adore", ajoute-t-elle, niant cette fois être à l'origine de ce surnom et assurant avoir oublié qu'il était chargé de la masser.
"Pas du tout, je ne me suis jamais fait masser par personne", se défend-elle. On voit pourtant les mains de l'homme palper ses bras sur les images de Canal+, dont le journaliste précise qu'il "évite" la caméra.
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Malgré l'indignation après la diffusion de la vidéo vendredi matin sur les réseaux sociaux, Isabelle Balkany nie tout racisme de sa part, mettant en avant ses origines : "Moi qui suis d'origine d'Afrique du Nord, juive, avec une mère protestante et élevée par une nounou musulmane, si y a quelqu'un d'origine composée, c'est bien moi et Patrick aussi d'origine hongroise. C'est effrayant", s'indigne-t-elle auprès du média.
Depuis la propagation du coronavirus, plusieurs témoignages sur Twitter ont fait état d'une hausse des discriminations liées à leur appartenance supposée à la communauté chinoise. Face à ce constat, un hashtag, #JeNeSuisPasUnVirus,est né pour dénoncer les clichés racistes véhiculés par l'apparition de l'épidémie.
