Recherche profs désespérément ! A quelques jours de la rentrée scolaire, la tension était palpable dans la plupart des rectorats confrontés à une pénurie de personnels sans précédent. Face au manque de titulaires lié, entre autres, aux 4 000 places laissées vacantes à l'issue des concours organisés au printemps dernier, il a bien fallu parer au plus pressé. En allant puiser dans les listes complémentaires de ces fameux concours, ou encore en se tournant vers un nouveau bataillon de contractuels. Lors de sa première conférence de presse de rentrée, le 26 août, le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye annonçait l'embauche de 3 000 recrues supplémentaires. "Il y aura bien un professeur devant chaque classe", a-t-il promis au coeur de l'été.

Oui mais à quel prix ? Petites annonces dans la presse locale, organisation de "jobs dating", formation en quatre jours de ces aspirants profs prêts à se lancer sans filet ou presque dans l'aventure... A seulement quelques semaines voire quelques jours de la réouverture des écoles, des collèges et des lycées, de nombreuses pistes ont été explorées pour attirer ces volontaires parfois totalement novices.

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Les offres d'emplois publiées sur les sites académiques en disent long. A côté des propositions de temps plein ou de mi-temps, certaines fiches de postes feraient presque figure de bouteilles à la mer. La veille de la rentrée, Saint-Eloy-les-Mines, petite commune rurale du Puy-de-Dôme, recherchait toujours un professeur d'espagnol libre toute l'année scolaire pour effectuer 4,5 heures par semaine. Le tout pour 480 euros bruts mensuels.

L'académie de Grenoble recensait, quant à elle, la liste des postes de suppléants à pourvoir, appelant certains contractuels à faire le déplacement pour... une heure seulement par semaine ! Autant dire que les candidats susceptibles d'accepter des contrats aussi précaires ne risquent pas de se bousculer aux portails des établissements.

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Les réponses apportées par l'institution à cette crise sont loin d'avoir rassuré les parents d'élèves dont certains ont récemment découvert ébahis l'ampleur du problème ! Cette rentrée qui se déroule "dans un contexte de tension inédit pour le recrutement des professeurs", comme l'a lui-même reconnu le nouvel hôte de la rue de Grenelle, aura contribué à lever un peu plus le voile sur les failles de notre système éducatif.