Le ministre de la Culture veut aller vite, mais pas trop. Sans mettre en doute le délai de cinq fixé par Emmanuel Macron pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris, Franck Riester estime ce jeudi dans Le Parisien que "la priorité, ce n'est pas la rapidité mais la qualité du chantier".

"C'est bien que le président ait fixé un objectif ambitieux, c'est comme ça qu'on motive les équipes", précise le ministre, tout en ajoutant : "On ne mélangera jamais vitesse et précipitation". "L'objectif, c'est cinq ans, on pourra le dépasser ou être en dessous, mais ce qui compte, c'est que ce soit bien fait", résume-t-il.

Faire quelque chose "d'ultramoderne n'a pas de sens"

Franck Riester tient aussi à rassurer les experts qui s'inquiètent d'un délai qu'ils jugent trop court pour reconstruire la cathédrale. "Il n'est absolument pas question de remettre en cause les principes fondamentaux de la préservation du patrimoine", assure le ministre, alors qu'une loi permettant de déroger aux règles d'urbanismes ou aux codes des marchés publics pour le chantier de la cathédrale doit être votée dans quelques jours.

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"Imaginer que l'on prépare cette loi pour transformer Notre-Dame en quelque chose d'ultramoderne n'a pas de sens. Les Français ne l'accepteraient pas et ils auraient raison", souligne-t-il.

La question de savoir si Notre-Dame sera reconstruite à l'identique ou fera l'objet d'un "geste architectural", comme l'a demandé Emmanuel Macron, n'est cependant pas tranchée. "Lorsque les cathédrales sont restaurées après un incendie par exemple, la plupart du temps elles bénéficient d'apports nouveaux", rappelle Franck Riester, qui précise qu'un "concours d'architectes pour la reconstruction de la flèche" sera lancé "d'ici quelques semaines".

"On ne peut pas faire n'importe quoi"

"Un des éléments qui pousse en faveur d'une flèche nouvelle, c'est qu'elle serait un témoignage de ce qui s'est passé avec l'incendie. [...] Peut-être que d'un point de vue architectural aussi, ce serait bien qu'il y ait un avant et un après" explique le ministre de la Culture, tout en prévenant que "ça ne veut pas dire qu'on ne respectera pas l'histoire de Notre-Dame : c'est un monument religieux, on ne peut pas faire n'importe quoi".

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Pour l'heure, le ministre de la Culture se veut rassurant : "On peut dire que tous les éléments qui étaient encore fragiles après l'incendie - à part certaines parties de la voûte - sont sécurisés. Les vitraux sont sauvés. Tout comme les oeuvres".

Concernant les dons, Franck Riester assure qu'ils "iront à Notre-Dame de Paris, pas à autre chose", "même [s'ils] dépassent le coût du chantier". "J'entends des gens qui disent qu'il y aura trop d'argent. Mais c'est un chantier qui va être extrêmement coûteux", prévient le ministre. Il regrette également la polémique sur les montants versés par certains grands donateurs, comme les familles Pinault, Arnaud ou Bettencourt. "Il n'y a qu'en France que l'on va critiquer ceux qui donnent de l'argent pour ce genre de cause, l'art, la culture", souligne-t-il. Moi je les en remercie."