Fumée noire, vapeurs, débris... L'important incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, le 26 septembre dernier, n'aurait pas eu de conséquences sur la santé des pompiers mobilisés, assure le préfet de Seine-Maritime ce mercredi, s'appuyant sur les derniers résultats médicaux.
D'après le protocole mis en place, "à T0 [au moment de l'incendie], sur 735 comptes rendus d'examens, nous n'avions pas d'anomalie significative hormis sur huit cas", a rappelé Pierre-André Durand lors d'une conférence de presse. "Pour sept d'entre eux il est apparu qu'il y avait une absence de lien avec le sinistre. À l'occasion de la restitution de T1 [un mois après l'incendie], [pour] celui de T0 sur lequel il y avait une interrogation, ses résultats se sont normalisés", a-t-il expliqué.
Réouverture partielle de l'usine ?
Concernant une demande de réouverture partielle de l'usine par Lubrizol avec "deux petites unités de mélange", le préfet a indiqué qu'un dossier avait été déposé en préfecture le 21 novembre. La Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) devrait rendre son avis sur cette réouverture le "4 ou 5 décembre". Si cet avis est positif, il transmettra alors le dossier au Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst). Le prochain Coderst se réunit le 10 décembre et sa décision est attendue le jour même.
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"Je peux ne pas suivre cet avis mais dans la pratique en général le préfet suit cet avis", a indiqué Pierre-André Durand, ajoutant qu'un projet d'ouverture complète, qui n'a pas encore été déposé à ce jour, prendrait "plusieurs semaines, voire plusieurs mois". Lubrizol ne souhaite plus de stockage massif de produits dangereux sur son site mais envisage de fonctionner avec un "stock tampon", c'est-à-dire le stock minimum nécessaire pour fonctionner.
"Considération sécuritaire"
L'usine représente 400 emplois directs et 2000 emplois indirects. "Une part importante de la classe politique et économique souhaite la réouverture de Lubrizol. En tant que représentant de l'État, ma seule boussole sera la considération sécuritaire", a précisé le préfet.
L'usine voisine de Normandie Logistique, également largement touchée par l'incendie, n'a pas déposé de dossier de réouverture. Un peu moins de la moitié des 160 fûts dégradés qui étaient encore sur le site depuis l'incendie ont été évacués et 354 ont été traités au total. Le processus se déroule "dans de bonnes conditions" selon le préfet.
