Ilotier à Poitiers, le policier s'était suicidé après avoir éte muté loin du terrain à un poste de bureau, ce qu'il avait très mal vécu. Hier mercredi, le tribunal administratif de Poitiers a reconnu le lien entre son suicide et sa situation professionnelle. "C'est l'une des premières décisions qui reconnaît l'imputabilité du suicide au service, voire la première, je n'en ai pas trouvé d'autre dans la jurisprudence", a déclaré le défenseur de la veuve du policier, Me François Gaborit.
Pour Nicolas Comte, porte-parole Unité POLICE SGP-FO, premier syndicat des gardiens de la paix, c'est "une décision très satisfaisante. (Le ministère de) l'Intérieur ne pourra plus désormais écarter systématiquement tout lien avec le service lors de suicide de policiers". Un avis partagé par deux autres syndicats, Alliance et l'Unsa.
Pour rendre sa décision, le tribunal s'est fondé notamment sur les conclusions d'un expert qui a pu accéder aux pièces médicales du dossier, considérant que le policier n'avait jamais eu de problèmes auparavant, et aucun autre souci d'ordre personnel au moment de son suicide.
Ambiance délétère
Le brigadier s'était plaint des méthodes de management de son chef, un commissaire parti depuis de la ville. Il avait mal vécu une mutation qui l'avait éloigné du terrain. "C'était à l'époque où l'on supprimait la police de proximité et (l'époque) de la politique du chiffre. L'ambiance dans le service était délétère", a détaillé l'avocat de sa veuve.
"Je ne voulais pas que ça arrive à quelqu'un d'autre", a déclaré celle-ci. Ce combat "c'était une façon de dire 'ça ne doit pas se reproduire'". L'épouse devrait toucher une pension majorée de manière rétroactive. Le ministère de l'Intérieur a deux mois pour faire appel.
