Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Iana Jdanova, activiste du mouvement Femen, pour exhibition et dégradation. Le 5 juin dernier, au Musée Grévin, la jeune femme s'en est pris à la statue de cire de Vladimir Poutine, avec le message "Kill Putin" sur la poitrine. Le président russe était attendu le jour-même dans la capitale, venu pour célébrer le 70e anniversaire du Débarquement de Normandie.
Le tribunal a condamné la militante à payer 3004 euros de préjudice matériel - montant demandé par le musée pour la réparation de la statue - et 1000 euros de préjudice moral - contre 10 000 demandés.
Un geste politique
Ukrainienne et réfugiée politique en France depuis deux ans, Iana Jdonova accuse le président russe d'attiser les tensions dans la crise politique et diplomatique sévissant dans son pays. Elle aurait revendiqué lors de son audience le caractère politique de son acte, rapporte l'AFP.
Elle avait alors déploré aux journalistes que "dans la capitale des droits de l'Homme il y ait une statue de ce dictateur qui menace la paix et risque de déclencher la troisième guerre mondiale. Je ne vois pas la statue d'Hitler, pas celle de Mussolini, je m'étonne de voir celle de Poutine".
Première condamnation pour exhibition
La militante et son avocate ont aussitôt annoncé faire appel de la décision. Et d'assurer qu'elles iront, si besoin, devant la Cour européenne des droits de l'Homme pour obtenir l'annulation du jugement. C'est la première fois que le groupe est sanctionné pour exhibition en France.
"Dans une société comme la nôtre où l'exhibition à message commercial est partout, condamner pour exhibition un message politique c'est un non-sens", justifie son avocate, Me Dosé.
Sur leur compte Facebook, les militantes dénoncent la France comme étant "le seul et unique pays du monde à avoir condamné FEMEN pour exhibitionnisme. La liberté et l'égalité de la France semblent n'être qu'un mythe tant elle peine à saisir la différence entre un acte politique topless, accepté dans le monde entier, et une maladie mentale. C'est une honte !"
Cette décision intervient un mois après la fin du procès qui les accusait de dégradation envers le patrimoine de Notre-Dame de Paris en février 2013. Ce même tribunal les avait alors relaxées. On attend également ce 15 octobre la décision du tribunal dans le procès mettant en cause l'exhibition d'Eloïse Bouton, une ex-Femen, qui avait mimé un avortement dans une église en décembre 2013.
