Une soixantaine de militantes du mouvement Femen ont brièvement investi jeudi matin la cour du Palais-Royal, en plein coeur de Paris, pour "rendre hommage" aux quelque 60 femmes "assassinées" depuis le début de l'année et dénoncer "l'indifférence du gouvernement".

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Arrivées sur place à 11 heures précises, les activistes aux seins nus sont restées juchées dix minutes sur les célèbres colonnes de Buren, d'abord silencieuses et poings levés, puis craquant des fumigènes roses avant de scander : "Aux femmes assassinées, la patrie indifférente", "Pas une de plus !" et "Stop féminicide !".

"Céline, défenestrée avec son bébé de 3 mois"

Des slogans ensuite repris pendant leur rapide sortie jusqu'à la place du Palais-Royal, face au Louvre, où les militantes se sont rapidement dispersées sous l'oeil interloqué de rares touristes en cette fin de matinée nuageuse. Sur leurs poitrines, elles avaient peint en noir les noms des femmes tuées en France depuis le 1er janvier : "Gaëlle, poignardée enceinte de 6 mois", "Josette, tuée par balle", "Chantal, battue à mort, "Céline, défenestrée avec son bébé de 3 mois"...

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Une action symbolique, censée "créer un Panthéon à ciel ouvert pour leur rendre hommage", a expliqué l'Ukrainienne Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen. "Tous les deux jours, on compte une nouvelle victime" et "nous ne voyons toujours pas l'action qu'on attend", a-t-elle ajouté, dénonçant "l'indifférence du gouvernement" sur ce sujet.

Ce coup d'éclat avait aussi pour but de "sensibiliser la société" au phénomène des "féminicides". "S'il y avait 60 victimes masculines, imaginez quelle serait la réaction", a-t-elle lancé.