Les mystérieux actes cruels qui visent depuis plusieurs mois des équidés se poursuivent. Ce week-end a encore été meurtrier avec différentes bêtes retrouvées mutilées, voire tuées, dans plusieurs coins de la France, et parmi eux, pour la première fois, un veau.

Tous ont encore une fois été retrouvés avec l'oreille droite coupée, marque de fabrique de ces cruautés, comme une signature.

Deux nouveaux cas dans le Jura

Une enquête a été ouverte pour "actes de cruauté" après les mutilations de deux juments ce week-end dans le Jura, a-t-on appris lundi auprès du parquet. Les juments, qui ont survécu, ont subi des mutilations au niveau des parties génitales, a précisé le procureur de la République de Lons-le-Saunier, Lionel Pascal, dénonçant des "actes barbares".

LIRE AUSSI >> Les actes de cruauté envers les animaux en quatre chiffres

L'enquête pour "actes de cruauté sur un animal domestique" a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Saint-Claude, en relation avec l'Office central de lutte contre les atteintes à l'Environnement et à la Santé publique, a-t-il précisé, confirmant des informations du quotidien régional Le Progrès.

Ces deux nouveaux cas surviennent une dizaine de jours après la mort d'une autre jument dans le Jura, retrouvée mutilée mi-août à Thoiria. "À ce stade, aucun lien objectivé" ne relie les faits de ce week-end avec le cas de Thoiria, a indiqué Lionel Pascal. "Mais ce sont des attaques qui visent des équidés, avec des mutilations, et le mode opératoire, sans être exactement le même, est quand même très proche", a-t-il noté.

Une jument tuée dans les Deux-Sèvres

À plus de 600 kilomètres de là, une jument a été découverte lundi morte et mutilée, l'oreille droite coupée, dans un champ près de Mauléon, dans les Deux-Sèvres. L'animal a été retrouvé lundi dans la matinée par son propriétaire qui a porté plainte. Une enquête de gendarmerie est en cours, mais les causes de la mort de l'animal n'ont à ce stade pas été précisées.

LIRE AUSSI >> Alerte sur une recrudescence d'actes de maltraitance des chevaux

Selon le Courrier de l'Ouest qui a révélé l'information, l'animal appartenait à un propriétaire privé, dont les autres chevaux dans le même champ n'ont pas été touchés.

Un veau mort et mutilé dans la Sarthe

C'est une nouveauté dans ces découvertes macabres. La brigade de recherches de la gendarmerie du Mans a été saisie d'une enquête pour actes de cruauté sur animal après la découverte d'un veau mort mutilé samedi dans la Sarthe, a-t-on appris lundi auprès du parquet.

Le veau a été retrouvé mort dans un champ avec "l'oreille droite coupée et des lacérations sur ses appareils génitaux", a précisé le parquet du Mans. Les faits se sont sans doute produits dans la nuit de vendredi à samedi, selon le propriétaire.

LIRE AUSSI >> Référendum sur le droit des animaux : les Français soutiennent largement le projet

"Compte tenu du phénomène national de sévices sur animaux qui a pu être mis en évidence, la brigade de recherches du Mans a été saisie de cette affaire d'actes de cruauté sur un animal", a précisé le parquet. "Il s'agit toutefois du premier cas signalé dans le département de la Sarthe et, à notre connaissance, du premier cas sur un veau, les cas de sévices recensés ayant principalement touché des chevaux", a-t-on indiqué de même source. Le parquet a indiqué qu'il n'y avait "pas de piste pour le moment".

Un phénomène qui s'accélère

Fin juin, une note du Service central du renseignement territorial, évoquée par Le Parisien, recensait au moins onze faits similaires sur des chevaux en France entre décembre 2018 et l'été 2020. Et le phénomène s'accélère : dans la nuit du 1er au 2 août, un poney alezan était retrouvé mort et mutilé en Essonne. Le 8 août, c'était une pouliche de 18 mois à Cluny (Saône-et-Loire) : "une oreille coupée et un oeil arraché, le coeur poignardé et le vagin enlevé" selon ses propriétaires pour qui l'animal a été attrapé au lasso.

Ces derniers jours, un pur-sang a été égorgé dans les Côtes-d'Armor, tandis que des organes étaient prélevés sur un cheval déjà mort dans la Loire. Précédemment, le Puy-de-Dôme, la Moselle, la Vendée, l'Aisne ou la Seine-Maritime ont été touchés. Des enquêtes sont ouvertes, confiées aux gendarmes locaux appuyés par l'Office central de lutte contre les atteintes à l'Environnement et à la Santé publique.

La Fédération française d'équitation a annoncé la semaine dernière qu'elle se portait partie civile aux côtés des propriétaires de chevaux, poneys et ânes qui ont été tués ou mutilés ces derniers mois, "face à la série d'actes de cruauté envers des équidés sur l'ensemble du territoire".