Deux infirmiers exerçant dans un Ehpad de Toulouse (Haute-Garonne) ont été officiellement licenciés après avoir été mis à pied en mars, relate la Dépêche du midi lundi. Selon leurs avocats, les deux employés ont été renvoyés après avoir réclamé des masques pour se protéger du coronavirus.

Les deux infirmiers, âgés de 53 ans et 34 ans et travaillant dans l'Ehpad de La Cépière, avaient été mis à pied à la fin du mois de mars, au plus fort de la crise sanitaire. L'un des salariés avait même dû quitter son poste en plein service, escorté par la police, dévoilait la Dépêche du mididès avril.

LIRE AUSSI >> Coronavirus : comment la France a sabordé ses stocks stratégiques de masques

Une semaine plus tôt, lors d'une garde le week-end des 21 et 22 mars, les deux professionnels de santé auraient insisté pour obtenir des masques en voyant cinq résidents présenter des symptômes de diarrhée, des symptômes régulièrement observés dans les cas de Covid-19. "On a pu porter les masques au bout de la cinquième semaine de crise, ce n'est pas normal", affirme une salariée de l'Ehpad interrogée par le quotidien.

L'affaire en cours d'instruction

La direction a notamment reproché à ces deux employés d'avoir instillé la peur parmi les équipes, en évoquant la présence de ces cinq résidents qui auraient été contaminés par le coronavirus. Le groupe DomusVi, auquel appartient l'Ehpad, insiste sur le fait qu'il ne déplore à ce jour aucun cas de coronavirus. Et assure que toutes les consignes sanitaires ont été respectées.

LIRE AUSSI >> Eric Caumes : "Le pire, c'est que Didier Raoult dit beaucoup de choses vraies"

"Conformément aux recommandations de l'ARS, je peux vous confirmer que nos équipes portent systématiquement les équipements de protection nécessaires (masque, gants, charlotte, surblouse) en présence de résidents présentant des symptômes", affirmait en avril un représentant du groupe DomusVi.

L'affaire est encore en cours d'instruction. Les deux soignants ont dans un premier temps été convoqués les 12 et 13 mai avant que cette procédure ne soit annulée. Les avocats de deux infirmiers licenciés ont annoncé être en train d'étudier des recours pour "démontrer la nullité du licenciement", afin de permettre une saisine des prud'hommes et "l'octroi de dommages et intérêts". Ils comptent en outre sur les nombreux messages de soutien reçus par les deux infirmiers.