L'annonce était attendue, après plusieurs semaines de flottement. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a choisi Rémy Heitz, l'actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG), pour succéder à François Molins au poste sensible de procureur de Paris, a annoncé mercredi le porte-parole de la chancellerie sur Twitter.

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Ancien "Monsieur sécurité routière"

La ministre a proposé ce magistrat au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui rendra un avis non-contraignant pour le gouvernement. Son poste actuel de directeur de la DACG passe pour être le plus important de la Chancellerie, après celui de garde des Sceaux.

Ancien "Monsieur sécurité routière" de Jacques Chirac entre 2003 et 2006, Rémy Heitz sera ensuite officiellement nommé sur décret présidentiel.

A 54 ans, ce magistrat étiqueté à droite a un parcours atypique qui l'a mené à la fois dans les ministères et dans les différentes arcanes de la magistrature. Vice-procureur de Paris de 2001 à 2002, il a également présidé le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le deuxième plus grand de France, entre 2011 à 2015.

Succession polémique

La succession de François Molins, 65 ans, qui doit quitter la tête du parquet de Paris en novembre après sept ans à ce poste pour rejoindre la Cour de cassation, est au coeur d'une polémique depuis une semaine. L''Elysée a en effet été accusé de s'immiscer dans le pouvoir judiciaire, après avoir rejeté des candidatures retenues par la chancellerie.

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Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré mardi qu'il "assumait parfaitement" son intervention, de façon à "être certain que celui qui sera proposé (...) sera parfaitement en ligne". Le chef du gouvernement a déclaré vouloir lui-même être "parfaitement à l'aise avec ce procureur".

L'opposition de l'exécutif aux trois postulants auditionnés en juillet par la garde des Sceaux avait entraîné le 24 septembre le lancement d'un nouvel appel à candidatures, hérissant le monde de la magistrature, qui n'a pas manqué de relancer le débat sur l'indépendance du parquet.

Le candidat jusque-là favori de Nicole Belloubet, le procureur de Lyon Marc Cimamonti, ayant été proposé au poste de procureur général à Versailles, c'est Rémy Heitz qui a finalement emporté le choix de la Chancellerie.