La décision est passée inaperçue au coeur de l'été. Selon nos informations, le 18 août dernier, l'une des cinq enquêtes préliminaires - en plus de deux informations judiciaires- lancées par le parquet de Paris dans le cadre de l'affaire Benalla a été classée sans suite. Elle avait été ouverte le 30 janvier pour escroquerie, faux et usage de faux après une plainte déposée par La République en Marche (LREM).

L'ex-chargé de mission de l'Elysée était soupçonné d'avoir pu produire une fausse facture pour se faire rembourser l'achat d'une arme. Ce que les investigations n'ont pas pu démontrer. Au terme d'un peu moins de sept mois d'enquête confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), le parquet de Paris a considéré que l'infraction était "insuffisamment caractérisée".

A l'origine de la plainte du parti présidentiel se trouve un audit lancé par le mouvement après la révélation de l'affaire Benalla à l'été 2018. Une "anomalie comptable" a alors été décelée: une des armes acquises pendant la campagne présidentielle avait été payée deux fois. Contacté, l'avocat de LREM, Louis-Marie de Roux n'a pas souhaité faire de commentaire.

Des armes placées sous sa responsabilité

Alexandre Benalla avait lui-même expliqué face aux juges en novembre 2018 que le mouvement En Marche détenait trois armes de catégorie B, stockées au QG du parti, dans le XVe arrondissement de Paris. Les trois Glock étaient à "[son] nom et placées sous [sa] responsabilité" mais ne "sortaient pas des locaux", les autorisations de ports d'armes délivrées par la préfecture de police de Paris pendant la campagne présidentielle se limitant au périmètre du quartier général. Dans une interview au Monde, Benalla avait justifié la détention de ces armes de poing par la nécessité de protéger les 200 personnes travaillant au QG "de la menace terroriste ou même d'un fou".

Cette procédure pour escroquerie, faux et usage de faux désormais clôturée n'est que l'un des volets de la tentaculaire affaire Benalla, matérialisée judiciairement par plusieurs dossiers distincts. L'homme accusé d'avoir molesté deux manifestants en marge des manifestations du 1er Mai 2018 est mis en mis en examen pour "violences en réunion", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", mais aussi pour "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection" et "recel de violation du secret professionnel".