Toujours hospitalisé, le maire Les Républicains (LR) de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a une nouvelle fois demandé ce mardi sa mise en liberté et l'abaissement de sa caution, dans les dossiers de blanchiment et de fraude fiscale pour lesquels il a été condamné en première instance. La cour d'appel de Paris rendra sa décision lundi 27 janvier.

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L'élu de 71 ans est incarcéré depuis le 13 septembre, jour de sa condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale en première instance. Un mois plus tard, il était condamné à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec un nouveau mandat de dépôt.

"Perte de 24 kg en quatre mois"

Depuis le 12 décembre, il est hospitalisé pratiquement sans discontinuer. Son procès en appel pour fraude s'est tenu sans lui et celui pour blanchiment débutera le 3 février. Son avocat a produit à l'audience des certificats médicaux attestant d'une "altération de l'état général" de Patrick Balkany, avec "la perte de 24 kg en quatre mois".

À l'appui de cette troisième demande de libération dans le dossier blanchiment, l'avocat souligne également que "Patrick Balkany ne sera pas candidat aux municipales" de mars, ce qui est "un élément important dans la mesure où, en première instance, le tribunal l'a condamné à une peine d'inéligibilité".

Dans le dossier fraude, Me Dieudonné a demandé la suppression de la caution de 500 000 euros assortie au contrôle judiciaire "déjà très strict" imposé à son client : "Fixer une telle somme revient à refuser la mise en liberté."

Il a relevé que la justice avait saisi les biens des Balkany et produit des documents indiquant qu'aucun avoir appartenant au couple ne subsistait dans les sociétés citées dans les dossiers judiciaires.

L'exemple Carlos Ghosn

La cour d'appel de Paris a déjà rejeté deux fois la demande d'abaissement de la caution. En décembre, la cour avait notamment expliqué qu'en cas de condamnation de Patrick Balkany en appel, la caution pourrait garantir le règlement d'une éventuelle amende.

L'avocat général s'est fermement opposé tant à la suppression de la caution qu'à la remise en liberté, arguant notamment qu'un "risque de fuite" - "l'actualité le montre" - perdurait dans le volet blanchiment à quinze jours du procès en appel.

Me Dieudonné s'est scandalisé que l'accusation "tente de comparer" Patrick Balkany, "un homme malade de 71 ans", "maire d'une petite commune française", à Carlos Ghosn, l'ancien "grand PDG" d'une énorme entreprise, un "homme aux moyens illimités", qui a fui la justice japonaise.

L'avocat a par ailleurs balayé les éventuels "risques de concertation" alors que l'appel du parquet ne portera que sur le blanchiment et non sur la corruption, délit pour lequel Patrick Balkany et d'autres prévenus ont été relaxés.