Sandrine Doucen, la compagne de Richard Ferrand, a elle aussi été entendue par les trois juges lillois en charge de l'enquête sur les Mutuelles de Bretagne, a indiqué le parquet de Lille, confirmant une information de La Voix du Nord. Mercredi 11 septembre, le président de l'Assemblée nationale avait été mis en examen dans cette même affaire.

LIRE AUSSI >> Olivier Faure et Nicolas Dupont-Aignan appellent Richard Ferrand à démissionner

"Ils ont décidé de placer Madame Sandrine Doucen sous le statut de témoin assisté pour complicité de prise illégale d'intérêts et recel. Elle était également entendue en qualité de représentante légale de la SCI SACA. La personne morale a été placée sous le statut de témoin assisté pour recel", a indiqué le parquet.

"Rassurant" pour la suite de l'instruction, selon son entourage

Le fait que sa compagne ait été placée sous le simple statut de témoin assisté et non mise en examen "est de nature rassurante pour la suite de l'instruction", a réagi l'entourage du président de l'Assemblée nationale. Richard Ferrand a été mis en examen parce que les Mutuelles de Bretagne, qu'il dirigeait alors, avaient décidé en 2011 de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne.

Ce fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron a réagi aussitôt dans la nuit de mercredi à jeudi en se disant "déterminé à poursuivre [sa] mission". L'affaire des Mutuelles de Bretagne avait toutefois conduit Richard Ferrand à quitter le gouvernement en juin 2017. À peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, il avait été épinglé par Le Canard enchaîné qui avait révélé l'affaire.

LIRE AUSSI >> Mutuelles de Bretagne : Richard Ferrand, un fidèle de Macron dans la tourmente

Le procureur de Brest avait ouvert une enquête préliminaire en juin 2017, classée sans suite en octobre. Il avait invoqué la prescription s'agissant d'un éventuel délit de prise illégale d'intérêts et jugé que les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie n'étaient "pas constituées". L'association anticorruption Anticor avait alors déposé une seconde plainte avec constitution de partie civile. L'information judiciaire, ouverte à Paris, avait été dépaysée à Lille en juillet 2018, un magistrat parisien lié à Anticor étant à l'origine de la procédure judiciaire.