"La justice, ce n'est pas que pour les autres" : ce lundi, le Syndicat de la magistrature (SM) a appelé au "respect de l'indépendance de la justice et à l'égalité devant la loi".

En cause ? La "ritournelle" du "complot politique", dénonce le SM, prenant l'exemple de l'accusation de "procédure d'exception" du chef de file de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon qui attend son procès ou du "piège" dans lequel serait tombé le président LREM de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, récemment mis en examen. "Les attaques outrancières" se multiplient, regrette ainsi le SM.

Des "justiciables comme les autres"

"Ces accusations ne sont pas nouvelles. Les responsables politiques sont des justiciables comme les autres. S'il y avait un complot politique, tout irait dans le même sens, or on voit bien que ce n'est pas le cas dans les différentes enquêtes visant des personnalités de droite comme de gauche", réagi Jacky Coulon, de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

"Le sommet est atteint lorsque Jean-Luc Mélenchon affirme sa solidarité avec Richard Ferrand, traitant les juges en général de "menteurs". Cette convergence inattendue montre bien ce qui, au-delà de tous les clivages, réunit ceux qui dénigrent la justice depuis quelques jours : le rêve inavouable d'une justice qui ne s'intéresserait qu'aux autres", estime le SM.

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Quelques jours après avoir appelé de ses voeux la fin des "procès politiques", Jean-Luc Mélenchon a estimé jeudi que Richard Ferrand, mis en examen pour "prise illégale d'intérêts", ne devait pas démissionner, déclarant que le président de l'Assemblée nationale était peut-être "tombé dans un piège". "Ces attaques cachent mal un fantasme d'impunité et de toute puissance malheureusement trop répandu qui abîme notre État de droit", a critiqué le SM, dénonçant "la rhétorique devenue ritournelle du "complot judiciaire", opportunément scandée par des responsables politiques mis en cause pénalement".

Face aux accusations de "procès politique" lancées par Jean-Luc Mélenchon et aux critiques suscitées par l'incarcération de Patrick Balkany (maire LR de Levallois-Perret, condamné vendredi pour fraude fiscale), la garde des Sceaux Nicole Belloubet a défendu dimanche l'action des magistrats et réfuté toute "instrumentalisation" de la justice.