Les coulisses des grands restaurants français ne ressemblent pas à l'émission de Top Chef. Franck Yoke l'a appris à ses dépens. Deux jours dans les cuisines de la Grande Maison, le nouveau hôtel-restaurant de Joël Robuchon, ont suffi au cuisinier originaire de Biarritz pour déclarer forfait. Motif: "Ce n'est plus de la restauration, c'est de la tyrannie", explique-t-il à FTVi.

Insulté, rabaissé, contraint de "boire de l'eau salée", absence de pause déjeuner... Franck raconte un véritable calvaire. "Trois étoiles oui, mais à quel prix?" interroge-t-il alors que le nouvel établissement de Robuchon est ressorti grand perdant de l'édition 2015 du Guide Michelin.

Pas un sou

Cerise sur le gâteau, il assure n'avoir signé aucun contrat de travail. Mais le jeune homme est bien décidé à se faire payer pour les deux journées travaillées, quitte à déposer plainte.

D'après FTVi, dans un échange de mails, le directeur de la Grande Maison, Jean-Paul Unzueta, tente de désamorcer le problème en lui proposant son aide pour retrouver une place dans un établissement bordelais. Et d'invoquer, concernant l'absence de contrat de travail, "un oubli".

A cette heure, Franck Yoke n'a toujours pas signé de contrat, ni perçu le moindre centime, assure le site de France Télévisions.

Joël Robuchon porte plainte

Contactés plusieurs fois par FTVi, ni Joël Robuchon ni Tomonori Danzaki n'ont souhaité commenter ces informations. Cependant, Joël Robuchon porte plainte en diffamation, selon un communiqué dévoilé par LePoint.fr. Selon lui, les éléments du dossier sont "peu crédibles" et "aux antipodes" de sa philosophie", rappelant son "engagement constant pour la transmission du savoir culinaire à la jeunesse". Citant des "allégation mensongères" et des "déclarations diffamatoires", le chef étoilé soutient que personne n'a "tenté de recueillir son point de vue à l'occasion de cette enquête qui, en en dépit de la désignation expresse d'une cible autre que lui en la personne de son chef exécutif collaborateur de très longue date, reconnu dans le monde entier, porte très gravement et injustement atteinte à sa réputation".

Joël Robuchon explique ne jamais avoir rencontré Franck Yoke, car absent les 1er et 2 janvier 2015, dates durant lesquelles le commis a travaillé. Le chef demande "réparation et sanction", avant de mettre en doute "les intentions de l'article de FTVi". Joël Robuchon y voit "au mieux une méconnaissance du sujet et hélas, au pire, une intention de nuire à un restaurant".

Le Collège culinaire de France (CCF) a apporté son soutien au chef mardi 10 février. Cette institution regroupe une vingtaine de chefs réputés, dont Yannick Alléno, Frédéric Anton, Emmanuel Renaut, Guy Savoy, Paul Bocuse, Alain Ducasse, Anne-Sophie Pic ou encore Eric Frechon. Tout en saluant dans un communiqué le "travail considérable et salutaire de lanceurs d'alerte et de transparence" de la presse, le CCF affirme: "Nous savons que personne n'est à l'abri de ce genre de diffamation, mais le manque de professionnalisme de certains médias, qui acceptent de relayer ces rumeurs, porte atteinte à la gastronomie française toute entière."