La descente aux enfers continue pour le couple Balkany. Lors de leur procès en appel pour fraude fiscale, le parquet a requis quatre ans de prison ferme et inéligibilité contre Patrick Balkany et quatre ans dont deux avec sursis contre son épouse. En première instance, les Balkany avaient été respectivement condamnés à quatre ans et trois ans de prison.
Appelant à sanctionner une "fraude massive, assumée, confinant à l'arrogance", le parquet général a aussi demandé dix ans d'inéligibilité contre les édiles et "l'exécution provisoire" de cette peine complémentaire, qui si elle était appliquée empêcherait les Balkany de se présenter aux prochaines municipales.
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À l'ouverture de son procès en appel mercredi dernier, le maire de Levallois-Perret est apparu très amaigri dans le box des prévenus. Lundi, l'audience a repris sans Patrick Balkany, hospitalisé depuis jeudi.
À la barre, les édiles avaient invoqué leurs fortunes familiales pour justifier un train de vie très supérieur à leurs revenus. Ils sont poursuivis pour n'avoir pas payé l'ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d'euros annuels, mais également pour avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014.
La villa Pamplemousse et le riad de Marrakech
Le tribunal a estimé que le couple aurait notamment dû déclarer la luxueuse villa Pamplemousse de Saint-Martin, qu'Isabelle Balkany avait tardivement reconnu posséder, mais aussi un somptueux riad à Marrakech, que le couple nie toujours avoir acheté.
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Au total, les sommes éludées sont estimées à 4 millions d'euros, un montant vigoureusement contesté par la défense.
Le baron des Hauts-de-Seine est incarcéré depuis le 13 septembre, date de sa condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale. Isabelle Balkany, 72 ans, absente au premier procès après une tentative de suicide, s'est vu infliger trois ans de prison, sans mandat de dépôt. Tous deux ont été condamnés à dix ans d'inéligibilité.
Un mois plus tard, ils étaient à nouveau condamnés pour blanchiment aggravé, lui à cinq ans ferme et elle à quatre. Ils seront rejugés dans ce dossier en février.
