Sortis de prison mardi, Alexandre Benalla et Vincent Crase restent placés sous contrôle judiciaire tandis que l'enquête continue sur leur possible entrevue, en juillet dernier, malgré leur interdiction de se rencontrer.
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Le Parisien révèle ce vendredi des éléments de l'enquête touchant les deux hommes, mis en examen pour les violences du 1er mai 2018 à Paris. Selon le journal francilien, leurs portables ont été localisés le 26 juillet dans le XVIe arrondissement de Paris, dans la même zone et au même moment que ceux de Marie-Élodie Poitout, l'ancienne cheffe de la sécurité de Matignon, et de son compagnon Chokri Wakrim.
Des mensonges devant les enquêteurs ?
Le fameux enregistrement de leur conversation, diffusé par Mediapart, pourrait donc avoir eu lieu à ce moment-là. C'est en tout cas l'une des pistes des enquêteurs - même si le simple fait que les téléphones aient "borné" dans le même secteur ne prouve pas une rencontre entre les quatre protagonistes de l'affaire.
Or, si cette rencontre a bien eu lieu dans l'appartement de Marie-Élodie Poitout, cela viendrait démentir les affirmations de l'ex-employée de Matignon. Interrogée par les enquêteurs le 5 février, celle-ci a reconnu "avoir déjà accueilli à son domicile Alexandre Benalla fin juillet, mais a réfuté connaître Vincent Crase et maintenu que ce dernier n'est jamais venu dans son appartement", écrit encore Le Parisien. De même, elle assure avoir interrogé son compagnon sur l'hypothèse d'une rencontre organisée à son insu : celui-ci aurait nié catégoriquement.
Enregistré au microphone
Chokri Wakrim a confirmé devant les enquêteurs les propos de sa compagne, tout en admettant avoir fait la connaissance de Vincent Crase par l'entremise d'Alexandre Benalla, dévoile encore le quotidien. Quant à ce dernier, il a refusé de répondre aux juges d'instruction, le 19 février, à toute question relative à ces enregistrements.
Si l'enquête avance, l'origine de l'enregistrement de la conversation dans laquelle Alexandre Benalla se vantait d'avoir le soutien du "patron" Emmanuel Macron est toujours inconnue. Un expert aurait toutefois confirmé que la conversation n'est pas le fruit d'une écoute téléphonique. Sa qualité atteste qu'elle aurait été enregistrée "par un microphone, tel celui d'un smartphone". Mediapart, conformément au secret des sources, a refusé de préciser l'origine de l'enregistrement.
