Ils avaient déversé du faux sang dans le commerce d'un boucher bio début mai à Paris. Deux militants antispécistes ont été condamnés ce mardi à des peines de prison avec sursis.
La plus grosse peine, six mois de prison avec sursis, concerne des faits de "violences et dégradations en réunion", commis par un prévenu âgé de 21 ans. Une femme de 30 ans, jugée à ses côtés a, elle, été condamnée à trois mois avec sursis pour les dégradations mais relaxée s'agissant des violences. Tous deux ont également interdiction de se rendre au marché parisien de Saint-Quentin pendant un an.
Une côte fêlée pour le boucher
Ils devront verser solidairement 5000 euros à l'entreprise du boucher et le jeune homme devra lui payer 4500 euros au titre de ses préjudices corporel et moral. Ils devront en outre régler un euro symbolique de dommages et intérêts à la Fédération de la boucherie et à l'interprofession des viandes bovines Interbev. Lors de l'audience, le 4 juin, le parquet avait requis leur condamnation à des peines similaires pour les deux délits.
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Le 4 mai, une quinzaine d'activistes avaient aspergé de faux sang la vitrine et l'intérieur d'une boucherie bio du marché couvert Saint-Quentin, dans le Xe arrondissement de Paris. L'un d'eux aurait ensuite porté un coup au boucher, qui s'est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de sept jours pour une côte fêlée, renouvelée une fois.
"Je préparais des commandes (...) quand j'ai senti un liquide me toucher et je vois entre 15 et 20 individus entrer dans la boutique", avait relaté le boucher, Steevens Kissouna. Il avait expliqué avoir ensuite "tenté de les repousser" puis s'être "pris un coup" par le jeune prévenu, étudiant en mathématiques.
Une "philosophie non-violente" ?
Le jeune homme avait nié les faits de violence et revendiqué sa "philosophie non-violente". "Le mot d'ordre était d'être à visage découvert et de n'opposer aucune violence, on n'était pas là pour dégrader la boucherie", avait-il assuré.
"Nous ne voulons pas dire que tel animal est l'égal de telle personne, mais que le critère de l'espèce ne justifie pas tout", avait-il poursuivi. Sa compagne, qui "milite depuis quelques années pour la cause animale", pensait "interpeller" et "montrer l'horreur de l'abattage". Le couple avait été interpellé alors qu'il repassait devant la boucherie peu après leur action, pour aller au cinéma.
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Leur avocat, François Ormillien, a indiqué que les jeunes gens "réfléchissent" à un éventuel appel. "Ça reste une décision qui est quand même raisonnable", "on est loin de ce que l'on peut voir dans d'autres dossiers avec des militants qui commettent des actes plus graves", a-t-il estimé.
Depuis plusieurs mois, les actes de vandalisme se multiplient contre des boucheries et commerces de bouche, tagués de revendications antispécistes par des activistes opposés à toute hiérarchie entre les espèces, et qui prônent une alimentation végétalienne.