L'actrice Adèle Haenel est entendue ce mardi par les enquêteurs de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), à Nanterre, après ses accusations d'"attouchements" et de "harcèlement sexuel" à l'encontre du réalisateur Christophe Ruggia. D'après des informations de Mediapart, l'actrice a déposé plainte contre le réalisateur pour ne pas "se dérober" à l'action de la justice : "La justice a fait un pas, j'en fais un", a-t-elle expliqué.
Une information judiciaire a en effet été ouverte par le Parquet de Paris pour "agressions sexuelles sur mineure de moins de 15 ans" et "harcèlement sexuel". Si l'actrice avait dans un premier temps déclaré qu'elle ne porterait pas plainte, cette dernière s'est finalement engagée dans cette procédure après avoir été "sollicitée par le service d'enquête".
"La justice m'écoute, je m'adresse à la justice"
Selon les avocats de l'actrice interrogés par Mediapart, les "dénégations publiques" de Christophe Ruggia l'ont également poussée à aller au bout du processus judiciaire afin d'"obtenir la reconnaissance de son statut de victime" : "Pour moi, ses dénégations sont insupportables, et elles renforcent encore le sentiment d'impunité dans lequel il vit, et le sentiment d'injustice dans lequel je vis depuis dix-huit ans. Je crois que c'est cette impunité-là, celle de nombreux agresseurs, surtout, qui détruit la dignité des personnes victimes", a indiqué Adèle Haenel, qui s'est dite "choquée" par le démenti publié par le cinéaste dans un droit de réponse adressé à Mediapart.
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"La justice m'écoute, je m'adresse à la justice. Certains voient dans l'ouverture de l'enquête un sursaut défensif d'une justice blessée. Je veux y voir une dynamique introspective d'un système face à la crise", a-t-elle poursuivi. Les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes vont désormais entendre une série de témoignages, en grande partie de personnes ayant participé au tournage du film Les Diables, lors duquel Adèle Haenel a révélé avoir été victime du réalisateur et "harcelée sexuellement" entre 2001 et 2004. Christophe Ruggia sera également entendu par les enquêteurs.
Dans un long entretien publié par Mediapart début novembre l'actrice a ainsi raconté avoir été "harcelée sexuellement" par le réalisateur pendant et après le tournage du film. Elle a dénoncé "un harcèlement sexuel permanent", des "attouchements sur les cuisses et le torse", des "baisers forcés dans le cou", qui se déroulaient "de manière hebdomadaire". Elle avait alors indiqué qu'elle ne porterait pas l'affaire devant la justice qui selon elle "condamne si peu les agresseurs".
