À partir de ce vendredi, et jusqu'à dimanche inclus, les Restos du coeur sont présents dans plusieurs milliers de magasins en France pour récolter denrées alimentaires et toute sorte de produits à destination des plus démunis. L'opération, qui se renouvelle chaque année depuis la création de l'association par Coluche en 1985, tombe cette année en pleine crise du coronavirus, qui a contaminé 423 personnes dans le pays. Le secrétaire général des Restos du Coeur, Philip Modolo, explique à L'Express les conséquences de cet épisode sanitaire sur la collecte de l'association.
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Quel impact la menace du coronavirus a-t-elle sur ce week-end de collecte ?
Philippe Modolo : 7000 magasins participent à l'opération. L'immense majorité ne s'est pas décommandée. Néanmoins, du fait d'arrêtés préfectoraux, il a fallu annuler les opérations prévues dans le Morbihan, la Haute-Savoie et l'Oise. Et de notre propre chef, après remontée d'informations sur la situation sur place, nous avons préféré annuler dans le Haut-Rhin car toutes les conditions n'étaient pas réunies.
Il y a également le problème des ruptures de stock dans les enseignes provoquées par l'épidémie, mais c'est à la marge. Cinquante magasins nous ont dit que, faute d'approvisionnement, il valait mieux annuler. Mais ce ne sont que cinquante magasins sur 70000.
Craignez-vous une collecte moins importante que l'an passé ?
Nous sommes sur le point d'achever la répartition de la collecte d'hiver dans les prochains jours. Celle-ci doit servir pour démarrer la distribution d'été de repas. En 2019, nous avions récolté 9 millions de repas, pour 8 900 tonnes de denrées. On espère dépasser les 9 000 tonnes cette année, mais pour cela nous avons besoin d'une mobilisation exceptionnelle des donateurs, qui est rendue plus compliquée par ces circonstances particulières.
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Des consignes particulières ont-elles été données aux bénévoles ?
Nous avions rendez-vous jeudi au ministère de la Santé pour faire le point. Parmi nos 80 000 bénévoles mobilisés, il y a bien eu quelques centaines de désistements, mais pas plus. Effectivement, récolter des repas, c'est bien, mais encore faut-il assurer la sécurité. Nous faisons donc respecter scrupuleusement les mesures barrières, c'est-à-dire éviter les contacts physiques, poignées de main ou embrassades, encourager le lavage systématique des mains, etc. Bref, les mesures de bon sens que prodiguent les autorités sanitaires depuis plusieurs jours. Dans le même sens, les magasins ont reçu pour consigne de faciliter l'accès aux points d'eau. Nous avons aussi réalisé des stocks de gel hydroalcoolique que nous fournissons à nos associations départementales.
