Une nouvelle grève est attendue ce jeudi 27 janvier dans les écoles et les établissements scolaires. La figure de Jean-Michel Blanquer devrait cristalliser, une fois de plus, les reproches. Le volontarisme affiché du ministre de l'Education nationale aurait-il fini par se retourner contre lui ? Accent mis sur les apprentissages fondamentaux, dédoublement des classes de CP et CE1 dans les réseaux d'éducation prioritaire, réforme du lycée et du bac : dès son arrivée Rue de Grenelle en 2017, Jean-Michel Blanquer, reconnu comme étant un fin connaisseur du monde éducatif, enchaîne les mesures au pas de course et séduit une bonne partie de l'opinion publique. Malgré la crise sanitaire qui frappe la France à partir de mars 2020 et les nombreux remous suscités, le capitaine Blanquer conserve cette belle assurance, l'oeil rivé sur son cap : garder à tout prix les écoles ouvertes pour limiter les risques de décrochage scolaire et les dégâts psychosociaux chez les enfants. Un point de son bilan fortement mis en avant par Emmanuel Macron à quelques mois de la prochaine présidentielle.
L'erreur du ministre aura été de ne pas voir monter la colère du monde enseignant, électrisé par les multiples changements de protocoles sanitaires. Ses côtés "autoritaire", "méprisant" et "péremptoire" sont désormais fustigés. L'exaspération trouve son point d'orgue lors de la manifestation du 13 janvier dernier qui, une fois n'est pas coutume, réunit toutes les catégories de personnels. On y dénonce sa conception du pouvoir trop verticale, le peu de marge de manoeuvre laissé aux directeurs d'école et aux chefs d'établissement, le manque de concertation avec les syndicats ou l'absence de collaboration avec les collectivités locales.
Son omniprésence dans les médias a aussi contribué à cette montée en pression du milieu éducatif. Si son souci de clarté et de pédagogie est apprécié par une partie des parents d'élèves, certaines "maladresses" passent mal côté enseignants. Comme le fait d'avoir, à plusieurs reprises, réservé à la presse la primeur de certaines réformes ou encore les détails d'un énième protocole sanitaire. A l'approche de la vague Omicron, le ministre évoque même le risque d' "absentéisme" des enseignants. Un mot jugé péjoratif par certains qui y voient une nouvelle provocation. L'affaire Ibiza apparaît comme un symbole malheureux supplémentaire. De quoi renforcer ce sentiment de mépris si fortement perçu par les enseignants. Reste à savoir si le grand public lui en tiendra autant rigueur.
