"Il n'y aura pas de passe sanitaire à l'école." L'annonce de Jean-Michel Blanquer à la Une du Journal du dimanche, le 22 août, visait clairement à rassurer les parents réticents à faire vacciner leurs enfants à quelques jours de la rentrée scolaire. Certes, de l'avis des autorités de santé, la vaccination des 12-17 ans est l'un des enjeux majeurs des semaines à venir. Le moyen le plus efficace pour freiner la course du variant Delta, amenée à s'accélérer après la reprise des cours. De là à menacer finement les familles concernées de restreindre leur accès à l'école, il y a une frontière que le ministre semble regretter d'avoir franchie.

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Cet été, le locataire de la rue de Grenelle a suscité les hauts cris des antivax en annonçant que les élèves non vaccinés seraient "évincés" durant sept jours si un cas de Covid-19 était déclaré parmi ses camarades. Un mot rude, tout à fait cohérent avec la politique du gouvernement d'incitation très pressante à la vaccination, mais qui a pu choquer.

Dans le JDD, il rectifie, tout en rondeur : "Le mot le plus adapté est "protégés" : un élève non vacciné est dans une situation plus risquée qu'un élève qui a reçu au moins une injection. Lui demander de rester chez lui en cas de contact à risque, c'est le protéger et protéger les autres." Le ministre ajoute que "les élèves bénéficieront d'un accès sans passe dans les lieux qui disposent de créneaux réservés à l'activité scolaire, comme les piscines ou les bibliothèques".

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Une ouverture qu'il faut voir comme une façon de calmer le jeu juste avant la rentrée, qui s'annonce, une fois de plus, sous tension.