La vague de chaleur à l'assaut de l'Arctique. Après avoir fait étouffer plusieurs pays européens dont la France la semaine dernière, la canicule s'est déplacée vers le nord jusqu'au Groenland. Là-bas, la calotte glaciaire a fondu davantage au cours du mois de juillet qu'elle ne le faisait en l'espace d'un an, en moyenne, depuis 2002, rapporte le Guardian. 197 gigatonnes auraient été perdues le mois dernier à la surface des glaces, soit l'équivalent de 80 millions de piscines olympiques, selon une scientifique de l'institut météorologique danois cité par le quotidien britannique.

La journée de mercredi a d'ailleurs été la pire de l'année. 56,5 % de la calotte glaciaire du Groenland présentait des signes de fonte ce jour-là, explique à l'agence Associated Press Ruth Mottram, de l'institut météorologique danois, et 10 milliards de tonnes ont été perdues. La spécialiste prévoyait même auprès du Guardian que la journée de jeudi serait encore pire.

Les températures récentes étaient en effet inhabituellement élevées. Elles ont dépassé la normale d'au moins 10 degrés cette semaine, et le mercure au sommet de la calotte glaciaire, c'est-à-dire à 3200 mètres au-dessus du niveau de la mer, a parfois dépassé la température du gel, explique au quotidien britannique le professeur de l'université de Penn State Luke Trusel. Selon LCI, des températures de 25 °C étaient attendues sur les côtes dans les prochains jours.

240 gigatonnes de glace ont fondu depuis le début du mois de juin, qui correspond généralement au début de la saison de fonte, affirme Ruth Mottram auprès d'Associated Press. En comparaison, en 2012, une année marquée par des chiffres record, 290 gigatonnes avaient été perdues sur toute la durée de la saison, qui prend fin généralement à la fin du mois d'août, détaille encore l'agence.

Toujours selon Associated Press, 100 gigatonnes perdues entraînent une montée des eaux de 0,28 mm. Selon une étude menée par des scientifiques danois et américains, la fonte des glaces du Groenland pourrait provoquer une montée des océans comprise entre 5 et 33 cm.

Il y a un an, un immense iceberg se détache

Les conséquences du réchauffement climatique sur les glaces du Groenland ne sont cependant pas seulement visibles cet été. Déjà, en juin 2018, un photographe de l'agence Reuters qui accompagnait des scientifiques au Groenland capturait le glacier de Helheim eu plein vêlage, soit la séparation de l'ensemble d'une partie de la glace. Selon Lucas Jackson, il a vu une masse d'environ 6,5 kilomètres carrés se détacher.

La scène, d'une durée d'environ 30 minutes, avait également été capturée par les scientifiques présents. Les clichés pris par le photographe de l'agence Reuters montraient également de larges crevasses apparues dans le glacier de Helheim.

"Il est possible que les records de 2012 soient battus, tant pour la surface de banquise en Arctique la plus basse (...) que pour la fonte de calotte glaciaire du Groenland la plus élevée", prévenait Ruth Mottram en juin. "Cela dépendra largement des conditions météo". Les chiffres devraient donc être connus dans les prochaines semaines.