Le variant Delta arrive, et il arrive vite : il représente déjà près de 30 % des tests réalisés, contre 10 % à la fin du mois de juin. Pour se rassurer, beaucoup lorgnent les courbes anglaises : si les infections sont reparties à la hausse outre-Manche, ce n'est pas le cas des hospitalisations et des décès. Mais au Royaume-Uni, 50 % de la population totale se trouve déjà complètement vaccinée, contre 36,2 % en France.

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Dans l'Hexagone, le virus dispose donc encore d'un vaste terrain de jeu. Et si la vaccination continue de progresser, nous sommes encore loin d'une couverture suffisante pour empêcher les hôpitaux de se remplir à nouveau. Il faut donc tout faire pour retarder le plus possible l'échéance et se donner le temps de protéger un plus grand nombre de Français. Les outils existent : gestes barrière, tester, tracer, isoler et prévenir de nouvelles introductions du variant depuis l'étranger.

Mais alors que Public Health England, l'équivalent de Santé publique France, recommande aux Britanniques de se tester deux fois par semaine, rien de tel chez nous, où l'usage des autotests, non remboursés, reste peu développé. Malgré la baisse des contaminations, le traçage demeure inefficace, avec à peine plus de 20 % des personnes infectées précédemment connues comme cas contacts. L'isolement dépend toujours du bon vouloir - variable - des personnes concernées. Quant aux quarantaines au retour des pays à risque, elles demeurent inégalement appliquées, et contrôlées. Dans ces conditions, on voit mal comment le virus ne pourrait pas, encore une fois, gagner la bataille...