Un couvercle se pose de nouveau sur la Guadeloupe. Confrontée à une "situation catastrophique" sur le plan de l'épidémie du Covid-19, l'île antillaise va être reconfinée pour une durée d'au moins trois semaines à partir de mercredi 20 heures, a annoncé lundi le préfet Alexandre Rochatte. La Guadeloupe suit le territoire voisin de la Martinique, mis sous cloche depuis vendredi soir pour trois semaines aussi. En cause : la propagation du variant Delta qui entraîne une flambée d'infections. "Nous avons dépassé les 3000 cas par semaine", a alerté Valérie Denux, directrice générale de l'Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe, lors d'une conférence de presse commune avec le préfet.

Covid-19 : nombre de contaminations quotidiennes en Guadeloupe (capture d'écran).
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Lundi, on enregistrait 148 personnes hospitalisées à cause du Covid-19 en Guadeloupe. "On est rentré dans une phase extrêmement difficile", a souligné Alexandre Rochatte, évoquant des "mesures indispensables quand on voit ce qui se passe durant le week-end alors que le couvre-feu a été réinstauré". A partir de mercredi soir, le couvre-feu sera donc "avancé à 20 heures jusqu'à 5 heures", et dans la journée, il y aura "des restrictions de déplacement dans une sphère de 10 km autour de son domicile", a précisé le préfet. "Pour aller plus loin, il faut un motif impérieux" et une attestation sera nécessaire, a-t-il ajouté.
Si les commerces restent ouverts, ainsi que les restaurants à midi, les bars seront tous fermés, tout comme les gymnases, stades et piscines. Il sera interdit de pique-niquer sur les plages et d'emporter des sonos sur les bateaux pour y organiser des soirées. Sur les plages, seule la présence "dynamique" sera permise, dans le cadre de promenade, baignade ou activité sportive individuelle. En revanche, la présence dite "statique" sera proscrite. "J'en appelle, a insisté le préfet, à ce que toutes les manifestations du mois d'août soient annulées ou reportées, notamment les fêtes patronales", très fêtées en Guadeloupe." J'espère qu'on n'aura pas besoin d'aller plus loin", a conclu le préfet, indiquant qu'un nouveau point serait fait la semaine prochaine.

Covid-19 : nombre de personnes en réanimation en Guadeloupe (capture d'écran).
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Appel à toutes les forces médicales
Si la mise en place de ces mesures ne suffit pas à faire infléchir la courbe de contamination, le préfet pense à activer une seconde phase du confinement. Elle se matérialiserait par un abaissement du couvre-feu à 18 heures et la fermeture des commerces non-essentiels et des restaurants. "Nous avons tout le mois d'août pour combattre de manière efficace l'épidémie avant la rentrée scolaire. Sinon les choses deviendraient bien plus compliquées", prévient Alexandre Rochatte. Au total, il s'agit du troisième confinement que vit l'archipel alors que les tensions entre les autorités et la population au sujet la gestion de la crise se poursuivent.
De son côté, Valérie Denux a souligné que le nombre de cas de Covid-19 avait été "multiplié par plus de dix en trois semaines". "Le taux d'incidence est à 828 pour 100 000 habitants (contre 287 la semaine dernière). On n'a jamais atteint ce taux en Guadeloupe", a-t-elle insisté. Appelant "toutes les forces médicales qui voudraient bien nous aider" à le faire, "y compris ceux qui sont en congés sur le territoire", elle a également indiqué qu'aucun des 22 patients qui se trouvent actuellement en réanimation Covid sur l'île n'était vacciné. A noter aussi qu'en Guadeloupe, la campagne vaccinale patine puisque seule 15,8% de la population est complètement vaccinée.
En Outre-mer, la nouvelle vague balaye une partie des territoires. L'île de la Réunion a également renoué ce week-end avec un confinement partiel en journée pour deux semaines, renforcé d'un couvre-feu strict de 18 heures à 5 heures. Face à une forte détérioration de la situation sanitaire, l'état d'urgence a par ailleurs été déclaré, mercredi 28 juillet, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. Dans les territoires d'Outre-mer, la situation a été qualifiée de "dramatique" par le Premier ministre, Jean Castex qui s'était exprimé jeudi devant des élus du Lot-et-Garonne à la mairie d'Agen. Selon l'ancien maire de Prades, un trop grand nombre d'habitants restent "rétifs à la vaccination".
