Le cas est aussi rare que malheureux. Une femme de 39 ans, suivie depuis son enfance pour une mucoviscidose, a développé un cancer deux ans après avoir été greffée avec les poumons d'une fumeuse, expliquent des médecins français dans la revue Lung Cancer publiée cet octobre, citée par Le Monde.

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La donneuse, une femme de 57 ans, avait fumé l'équivalent de 20 cigarettes par jour pendant 30 ans. Au moment de la greffe, les examens médicaux n'avaient cependant révélé aucune anomalie sur les poumons greffés.

Greffes à envisager avec "prudence"

Mais lorsqu'elle est admise à l'hôpital deux ans plus tard avec de la fièvre et une insuffisance respiratoire, la patiente greffée passe une radio thoracique qui montre plusieurs foyers pulmonaires. Une biopsie permet ensuite d'établir la présence d'une tumeur cancéreuse dans laquelle une mutation génétique habituellement liée au tabagisme est découverte.

Le cancer s'est par ailleurs développé particulièrement vite, ce que le Professeur Jean-Louis Pujol et ses collègues de l'unité d'oncologie thoracique et du service d'imagerie médicale de l'hôpital Arnaud de Villeneuve de Montpellier expliquent par le traitement immunosuppresseur suivi par la patiente afin d'éviter qu'elle ne rejette la greffe. Un constat qui pousse les médecins à réclamer la "prudence" quant aux "greffes pulmonaires provenant de donneurs qui étaient des fumeurs actifs".