L'annonce est quelque peu passée inaperçue, reléguée derrière les informations portant sur la crise énergétique, la crise climatique ou les affaires intérieures de chaque pays. Le fabricant CanSino Biologics a annoncé que la Chine avait approuvé le premier vaccin inhalé contre le Covid-19. Il devrait être administré par voie nasale, via un pulvérisateur, a fait savoir l'entreprise chinoise. Il est encore impossible de savoir si ce vaccin sera disponible au grand public, mais la nouvelle suscite un espoir quant à la possibilité d'attirer de nouveaux publics vers la vaccination.

Ce type de vaccins "pourrait nous donner davantage de chances de contrôler le Covid à long terme", a fait valoir le Dr Mike Ryan, lors d'une conférence de presse, directeur Programme de gestion des situations d'urgence de l'OMS. Les vaccins intranasaux, qui génèrent une réponse immunitaire dans les muqueuses respiratoires, permettent de mettre en place une première ligne de défense, à l'endroit où le virus pénètre et fait beaucoup de dégâts.

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C'est aussi un nouvel horizon pour la Chine engluée dans sa politique Zero Covid qui se traduit par des confinements à répétition. Dès l'apparition de cas positifs, l'exécutif procède à une série de confinements localisés, des quarantaines, des fermetures d'usines et d'entreprises. Depuis le lancement des essais cliniques à l'été 2020, les autorités chinoises ont approuvé huit vaccins développés localement, mais n'ont pas encore autorisé l'utilisation de vaccins étrangers, ce qui freine considérablement sa campagne de vaccination. Tour d'horizon des perspectives qui s'ouvrent...

Dans quel pays ce vaccin est-il déjà administré ?

Hormis la Chine, l'Inde a également approuvé, mardi 6 septembre, son premier vaccin intranasal, donnant un nouvel élan à sa gigantesque campagne de vaccination, a annoncé le ministre indien de la Santé, Mansukh Mandaviya. "Cette étape renforcera encore notre lutte collective contre la pandémie", a-t-il déclaré, sur Twitter. La date à laquelle il sera mis à la disposition du public n'a pas été précisée. Avec la Chine, ce sont pour l'heure les deux seuls Etats à avoir autorisé pareil moyen d'inoculation.

Comment ce vaccin sera-t-il utilisé ?

Le vaccin chinois sera utilisable comme dose de rappel en urgence, tandis que le vaccin indien est préconisé en première dose pour la population adulte et a reçu, dans ce sens, l'agrément d'urgence de l'autorité indienne de réglementation des médicaments.

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La décision des autorités des deux géants asiatiques est motivée par les conclusions d'une étude publiée en juillet 2021 dans la revue médicale britannique The Lancet. Selon les travaux des chercheurs, ce vaccin déclenche une réponse forte en termes d'anticorps, notamment lorsqu'il est administré en tant que dose de rappel.

Ce type de vaccination peut-il s'étendre à d'autres pays ?

Des scientifiques de plusieurs pays, notamment de Cuba, du Canada et des États-Unis, travaillent sur des vaccins administrables par le nez. Dans un communiqué publié le mois dernier, Biotech avait annoncé avoir mené avec succès les essais du vaccin pour une primo-vaccination et en rappel.

L'OMS encourage la mise au point de ces vaccins de deuxième et troisième génération "dont nous pourrions avoir besoin pour faire face à la dernière phase du Covid et à d'autres virus qui pourraient attaquer les voies respiratoires", a précisé le directeur Mike Ryan. Le mode d'administration pourrait également convaincre des personnes apeurées par les aiguilles, notamment, et ainsi étendre la couverture vaccinale à travers le monde. Depuis le lancement de la campagne de vaccination, plus de 5,3 millions de personnes ont déjà reçu au moins une dose.