Un autre variant a été placé sous surveillance. Alors que la souche Delta a attisé un regain de l'épidémie dans une partie du monde, une nouvelle souche dite "B.1.621" a attiré l'attention ces derniers jours. En Belgique, sept résidents, qui avaient pourtant un schéma vaccinal complet, sont décédés ces deux dernières semaines dans une maison de retraite à Zaventem après avoir été infectés par le variant colombien. Pour l'instant, l'OMS l'a placé sur la liste des variants sous "surveillance renforcée", ce qui explique qu'il n'ait pas encore de surnom grec. Mais de quelles informations disposons-nous sur ce variant ? S'il ne semble pas plus transmissible ou plus dangereux que les autres, il pourrait être plus résistant aux vaccins.

Quels pays sont touchés par le variant colombien ?

Il a été détecté pour la première fois le 11 janvier 2021 en Colombie. Il s'est propagé dans certains départements dans le nord du pays selon une étude parue en mai 2021. Cette nouvelle souche a ensuite été responsable de plusieurs contaminations aux États-Unis, au Mexique, ainsi qu'en Espagne ou en Allemagne. Au total, on compte une trentaine de pays concernés selon la plateforme Gisaid qui recense l'évolution des variants du coronavirus. "A noter que d'après les données GISAID disponibles, elle ne semble pas majoritaire dans le pays où elle a émergé (Colombie), où elle représentait environ 35% des séquences déposées avec une date de prélèvement égale ou postérieure au 1er mai 2021, versus 31% de Gamma", lit-on dans le rapport de Santé publique France.

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Dans l'hexagone, on recense 79 cas confirmés depuis le mois de mai, dont 71 depuis fin juin. Les régions dans lesquelles le B.1.621 est le plus fréquemment détectés sont l'Ile-de-France et l'Occitanie, avec 21 et 17 prélèvements depuis le 21 juin dernier, respectivement.

Selon Santé Publique France (SPF) et l'Institut Pasteur, il "semble plus fréquemment détecté en France métropolitaine toutes indications de séquençage confondues (une cinquantaine de détections au 27/07/2021), bien que son niveau de circulation demeure globalement très faible (prévalence de 0,3% lors de l'enquête Flash #14)". Dans la dernière analyse de risque des deux institutions, publiée le 13 août, il est par ailleurs précisé qu'aucun cas de ce variant n'a été recensé depuis l'enquête Flash de séquençage 17, menée le 27 juillet. Un premier cas a toutefois été dépisté dans les Hauts-de-France, comme le rapporte La Voix du Nord. Le laboratoire d'analyse Biopath, près de Fruges, dans le Nord-Pas-de-Calais, a détecté sa présence sur l'un des tests analysés. "Le 3 août, dans le Montreuillois, nos équipes ont réalisé un prélèvement nasopharyngé qui s'est révélé être le premier cas de variant 21H (B.1.621), dit colombien, détecté par notre laboratoire", a expliqué le laboratoire dans son rapport hebdomadaire de séquençage des variants du Covid-19.

Est-il plus résistant face au vaccin ?

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a classé le B.1.621 comme un "variant d'intérêt". La raison : le variant colombien porte plusieurs mutations, notamment E484K, N501Y et D614G, qui peuvent entraîner une baisse de la protection immunitaire. E484K est particulièrement inquiétante, car des expériences ont révélé que cette mutation a la capacité de modifier suffisamment la protéine S du coronavirus pour tromper en partie les anticorps.

Conséquences : les souches du virus qui disposent de cette mutation sont plus résistantes face aux anticorps. Ainsi une personne déjà infectée par le passé ou bien vaccinée pourrait être plus facilement infectée par cette souche. Aux États-Unis, le variant colombien n'a pas encore été nommé variant d'intérêt représentant un peu plus de 2,1% des cas au 17 juillet, selon le Washington Post.

Cette nouvelle souche est-elle plus dangereuse ?

Après le décès de sept résidents de la maison de repos Ter Burg à Zaventem - tous vaccinés - faut-il en déduire que le variant peut-être plus dangereux ? Au micro de la télévision belge, la RTBF, les autorités sanitaires appellent à la prudence tout en mettant en avant la vulnérabilité des personnes décédées. "Il est en effet difficile de contrôler la détresse respiratoire dans une unité comme celle-là", a déclaré, le 6 août, le virologue Marc Van Ranst. "L'âge très avancé des patients a également joué un rôle", a-t-il ajouté alors que la victime la plus âgée avait 93 ans.

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Si des travaux sont en cours, une étude menée au Royaume-Uni - jusqu'à présent 37 cas y ont été confirmés - estime que le variant colombien n'est pas plus dangereux ou contagieux que les autres variants. Mais ces conclusions seraient à prendre avec beaucoup de pincettes selon Marc Van Ranst : "L'étude se base sur quelques échantillons seulement. Ce n'est pas suffisant pour tirer des conclusions définitives, les données qui la sous-tendent sont trop faibles."

Doit-on s'inquiéter ?

Là aussi, il est encore trop tôt pour répondre franchement à cette question. Pour l'instant, le variant colombien ne concerne que 0,5% des cas au niveau mondial. Alors que le variant Delta se propage à vitesse grand V dans le monde, il est peu probable que le variant colombien se diffuse autant dans les prochaines semaines. "Il n'y a aucune preuve que (le variant colombien) surpasse le variant Delta et il semble peu probable qu'il soit plus transmissible", peut-on lire dans une étude menée au Royaume-Uni par l'agence de santé anglaise Public Health England

Cependant, le variant B.1.621 porte la mutation N501Y, aussi présente avec les variants Beta, Gamma et Alpha. Cette mutation renforce l'affinité du virus avec nos cellules et peut avoir une influence sur la transmissibilité. Autrement dit, le variant colombien pourrait être plus contagieux que la souche d'origine détectée à Wuhan en Chine.