La question est, de l'avis de François Braun, "épineuse". C'est pourquoi le ministre de la Santé avait annoncé, la semaine dernière au Sénat, la saisine de plusieurs instances pour y répondre : faut-il, ou non, réintégrer les soignants non-vaccinés ? Jeudi, alors qu'ils étudiaient le projet de loi sanitaire en commission mixte paritaire, les députés et les sénateurs ont voté deux mesures absentes de la première mouture du texte : la possibilité pour le gouvernement de rétablir un contrôle de test virologique à l'entrée sur le territoire national, et celle de réintégrer les soignants non vaccinés. Cette dernière disposition, toutefois, ne peut être activée que si la Haute Autorité de santé (HAS) donne son accord. Ce qu'elle n'a pas fait.
Dans un avis rendu ce vendredi matin, la HAS se dit "favorable au maintien de l'obligation de vaccination contre la Covid-19 des personnes exerçant dans les établissements de santé et médico-sociaux". Dans la foulée, le gouvernement, par l'entremise de François Braun, a annoncé suivre l'avis de l'instance, qui évoque deux arguments principaux. Le premier : "le contexte actuel marqué par une nouvelle vague épidémique due au sous-lignage BA.5 du variant Omicron". Si le pic des contaminations de la septième vague est passé, la HAS rappelle que le taux d'incidence "se maintient à un niveau très élevé, avec une hausse marquée des admissions à l'hôpital et des décès".
"Un enjeu éthique"
Deuxième argument : l'importance - et la sécurité - de la vaccination dans la lutte contre l'épidémie. Même si les vaccins ont largement perdu de leur efficacité contre les contaminations, celle-ci n'a pas totalement disparu, en particulier dans les mois qui suivent une dose de rappel, juge l'autorité. "La protection vaccinale se situe entre 45 % et 55 % contre les infections symptomatiques et autour de 80 % contre les formes sévères dans les trois mois suivant son injection", écrit-elle.
Dans un précédent avis rendu en juillet 2021, la HAS considérait "que la couverture vaccinale des professionnels de santé, et plus largement de ceux qui ont des contacts fréquents et rapprochés avec des personnes vulnérables, revêtait un enjeu éthique autant que de santé publique". Elle avait ainsi justifié l'inscription de l'obligation vaccinale des soignants dans le projet de loi. Depuis l'an dernier, les médecins, infirmiers, et autres personnels qui exercent à l'hôpital ou dans les Ehpad sont obligés d'être vaccinés contre le Covid-19. Un nombre minoritaire de soignants, qui ont refusé de l'être, sont depuis lors interdits de travailler. Leur retour n'est donc pas prévu dans l'immédiat.
