Se dirige-t-on vers une huitième vague ? Selon les derniers chiffres publiés par Santé Publique France, 19 517 cas positifs à la Covid-19 étaient enregistrés, samedi 10 septembre 2022, contre 16 399, vendredi 2 septembre 2022, soit une augmentation de plus de 25% en une semaine. En baisse depuis juillet, le nombre de nouvelles contaminations recensé en 24 heures grimpe donc légèrement ces derniers jours en France. Est-ce le début d'une nouvelle vague ?
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"C'est quasiment certains que l'on va avoir une huitième vague. Avec le brassage lié au retour des vacances, la circulation du virus va se retrouver à la hausse", avance à L'Express Yannick Simonin, virologiste, maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes à l'Université de Montpellier. Parmi les régions les plus touchées par la reprise de l'épidémie, la Bretagne affiche un taux de positivité de 22,7 % cette semaine. Derrière, la Nouvelle-Aquitaine (19,2%) et les Pays de la Loire (19,6%) connaissent aussi une forte hausse des contaminations. Sur le plan national, le taux d'incidence - nombre de cas par semaine pour 100 000 habitants - s'élevait à 168 au 6 septembre. Pour rappel, le seuil d'alerte fixé par le gouvernement est 50.
À quoi va ressembler cette huitième vague ? "Si l'on se réfère aux précédentes, il y a eu un nombre de cas très important, mais l'impact hospitalier restait plus faible. Grâce aux infections passées et à la vaccination, le degré de protection au sein de la population est plus élevé", répond le spécialiste. Il rappelle aussi l'arrivée de nouveaux vaccins adaptés à Omicron. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert, jeudi 1er septembre, pour l'utilisation de deux vaccins de dernière génération contre le Covid-19, réalisés par les firmes Moderna et Pfizer-BioNTech.
Qui sera le futur variant dominant ?
Reste à savoir qui sera le moteur de ce regain épidémique. Pour l'instant, le variant Omicron BA.5, majoritaire en France depuis le début de l'été, représente (si l'on inclut les sous-lignages) 95 % des cas dans l'enquête Flash de séquençage du 16 août. Chaque nouvelle vague étant accompagnée d'un nouveau variant majoritaire, plusieurs candidats sont pressentis pour prendre la suite : le futur variant dominant pourrait être un sous-lignage de BA.5, un autre sous-lignage d'Omicron ou un autre variant. Selon Yannick Simonin, la dernière hypothèse reste peu probable : "Nous n'avons pas vu l'apparition d'un nouveau variant en dehors de la lignée Omicron. On reste, pour l'instant, sur des variants plutôt connus, ce qui est rassurant."
S'il s'agissait d'un sous-lignage de BA.5, Santé Publique France se veut rassurant : "À ce jour, aucun sous-lignage de BA.5 ne semble présenter de caractéristiques particulières", rassure l'institution. Ainsi, si un sous-lignage de BA.5 prend le dessus en France, il ne présenterait à ce stade pas de risque d'être plus transmissible ou plus dangereux.
L'autre hypothèse est de voir un autre sous-lignage d'Omicron prendre le dessus sur ses concurrents. Cet été, l'attention s'est portée sur le variant Omicron BA.2.75, déjà détecté entre autres en Inde, au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni. Outre-manche, le nombre de cas de ce sous-variant surnommé "Centaure" avait fortement augmenté, et représentait un risque majeur cet été. Déjà en juin dernier, Tom Peacock, virologue à l'Imperial College de Londres, avait tweeté que BA.2.75 valait "la peine d'être surveillé" car il contient "beaucoup de mutations de pointe".
"BA.2.75 a un avantage de transmission situé entre 50 et 70%"
Quelle différence avec "son grand frère" BA. 2 ? Il présente neuf mutations supplémentaires dans la protéine Spike, qui aide le virus à pénétrer dans les cellules humaines, ce qui pourrait le rendre plus transmissible ou augmenter son échappement immunitaire. "BA.2.75 a un avantage de transmission situé entre 50 et 70% par rapport à BA.5", reprend Yannick Simonin. Cependant, il n'a pas été observé chez lui une virulence accrue ou un risque d'hospitalisation plus important. Pour l'instant, il s'agit de l'un des variants les plus surveillés. Assez peu présent en France, les informations le concernant restent relativement récentes et incomplètes.
Autre variant dans le viseur des scientifiques : BA.4.6 qui présente une mutation supplémentaire par rapport à BA.4 et BA.5 : R346T. Cela sera-t-il suffisant pour lui permettre de devenir dominant ? Seules quelques mutations le séparent de son prédécesseur, mais il gagne lentement du terrain aux États-Unis. Selon les dernières données de l'agence de la santé publique des Etats-Unis (CDC), le sous-variant BA.4.6 a continué de gagner du terrain cette semaine, représentant désormais environ 8,4% des cas de Covid-19
