La courbe épidémique est bien en train de fléchir en France avec un léger ralentissement des contaminations, tandis que le nombre de malades hospitalisés restait stable, selon les chiffres quotidiens publiés par Santé publique France. Mais depuis le pic atteint le 25 janvier (plus de 366 000 cas en moyenne), les contaminations ont chuté de 77%. De quoi laisser entrevoir l'espoir d'un retour à la vie normale, celle d'avant le Covid-19, quand ni masque ni passe vaccinal n'étaient nécessaires pour se déplacer et faire des activités culturelles ou sociales.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a d'ailleurs évoqué ce mardi lors d'une audition au Sénat par la commission d'enquête une possible fin du passe vaccinal, anciennement passe sanitaire, peut-être à la mi-mars. Olivier Véran avait déjà expliqué dimanche dans Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI que le port du masque en intérieur et "tout ou partie" du passe vaccinal pourraient ne plus être obligatoires à la mi-mars dans certains lieux car "quelle est la nécessité de conserver des mesures qui ne seraient plus jugées adaptées par les Français au niveau de menace ?", rappelle le ministre. Mais le gouvernement reste néanmoins prudent face à la possibilité d'une nouvelle vague, d'un nouveau variant.

Un relâchement par palier

Face aux sénateurs, interrogé sur cette possibilité, le ministre de la Santé a mis l'accent sur la vigilance dont il faut se munir quant à la levée des restrictions, car cette épidémie a été ponctuée de nombreuses inconnues. Il défend alors un allègement par pallier, afin de "prévenir de nouvelles contaminations du fait d'un relâchement trop rapide".

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Car ces mesures permettent "d'éviter les risques de clusters dans les établissements recevant du public en grand nombre qui peuvent entraîner un échappement du suivi de la maladie", a-t-il argumenté. D'autant qu'un nouveau variant ou d'une nouvelle vague cet automne ou cet hiver pourraient obliger le gouvernement à revenir sur cet assouplissement des mesures.

Pas plus de 1500 patients en soins intensifs

Olivier Véran a alors émis plusieurs conditions à la levée du passe vaccinal en France. Les indicateurs épidémiques, s'ils montrent une nette amélioration depuis plusieurs semaines, doivent continuer leur progression.

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Pour le ministre, cette mesure restrictive ne pourra être abandonnée seulement si les services de soins intensifs en France ne comptent pas plus de 1500 patients pour Covid-19, un palier qui pourrait être atteint d'ici deux à trois semaines selon lui, soit à la mi-mars. On dénombre aujourd'hui 28 643 patients atteints du Covid dont 2923 dans les services de soins critiques.

Un taux d'incidence entre 300 et 500

Même chose concernant le taux d'incidence qui calcule l'intensité de la circulation du virus dans la population. Le ministre a établi un palier à atteindre : entre 300 et 500. Aujourd'hui, il est à 884. A noter que la limite du taux d'incidence décrétée l'été dernier était de 50, mais le variant Omicron, bien plus contagieux que le Delta, a bouleversé les seuils initiaux établis par le gouvernement.

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Olivier Véran a par ailleurs fixé un objectif pour le facteur R de reproduction du virus qui doit être "durablement inférieur à un" pour espérer une levée du passe vaccinal.

Un outil efficace ?

Egalement interrogé sur l'efficacité du passe vaccinal, le ministre a estimé qu'il n'est pas encore possible d'évaluer ses effets, se disant toutefois convaincu de son efficacité. "Le recul manque encore pour en faire une évaluation complète et rigoureuse, a-t-il expliqué. C'est trop tôt, ça fait un mois."

"Il nous a permis de renforcer la protection d'un certain nombre de lieux de brassage et de progresser sur la primo-vaccination d'une partie de la population", a toutefois insisté le ministre. Il a estimé que ce dispositif avait permis d'éviter plusieurs milliers de décès liés au Covid en France, citant des estimations du Conseil d'analyse économique (CAE), rattaché au gouvernement.