Chaque matin, à l'approche de la présidentielle, L'Express vous sélectionne les meilleurs passages des politiques dans les médias.
Equipe de journalistes de l'émission Quotidien (TMC-TF1) brièvement mise à l'abri, violences contre des militants de SOS Racisme : le premier meeting de la campagne présidentielle d'Eric Zemmour, au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), a été émaillé d'une série d'incidents, qui ont beaucoup fait réagir ses adversaires ce lundi dans les matinales.
Sébastien Chenu : "Eric Zemmour doit avoir la grandeur et l'honnêteté de se retirer"
Le député RN du Nord Sébastien Chenu a d'abord "condamné toutes les formes de violences", mais il a dans la foulée regretté selon lui "un côté provocation inutile qui est décidé à perturber" le meeting. "Quand on est un militant totalement opposé à une idée et à un candidat, on ne vient pas dans un meeting pour prendre le risque d'une altercation", a-t-il estimé sur France 2.
Sébastien Chenu a par ailleurs appelé Eric Zemmour à rallier la candidate du RN Marine Le Pen. "Il serait bien inspiré de rejoindre une dynamique d'opposition à Emmanuel Macron", a-t-il dit. "Il doit avoir la grandeur et l'honnêteté de se retirer", a-t-il lancé. Explications : "Je suis sûr qu'Eric Zemmour est un candidat patriote mais il n'arrive pas avec une offre politique nouvelle et je ne vois pas de valeur ajoutée dans sa candidature". En outre, "sa radicalité ne peut pas mener au second tour et au rassemblement", a poursuivi le porte-parole du RN.
Le député RN a en outre critiqué la candidate des Républicains à la présidentielle, Valérie Pécresse, dont le parcours "ressemble à celui d'Emmanuel Macron". "Elle est l'incarnation même du système, elle est énarque comme Emmanuel Macron, elle est libérale et 'européiste' comme lui, et elle a voté pour lui au second tour de la présidentielle" a affirmé Sébastien Chenu, qui a également estimé que "la place d'Eric Ciotti est au RN".
Christophe Castaner : "L'extrême droite est portée par la violence"
De son côté, le président du groupe LREM Christophe Castaner a rappelé sur Europe 1 que "l'extrême droite, qu'elle ait le visage d'Eric Zemmour ou d'autres, ne change pas". "Elle est portée par la violence des mots, par la violence contre les journalistes, par la violence des attaques contre ses adversaires, et par la violence des attaques contre la France". "Condamnant" les violences survenues au meeting de Villepinte, Christophe Castaner a estimé que le "débat "politique ne doit pas trancher dans la violence". "Le débat politique doit se faire dans l'arène politique et rien ne peut justifier la violence", a ajouté l'ex-ministre de l'Intérieur.
Interrogé sur la victoire de Valérie Pécresse au Congrès LR, Christophe Castaner a estimé que la candidate LR "pensait voir sa primaire terminée mais elle voit bien qu'elle est rentrée dans une nouvelle primaire" avec les déclarations d'Eric Zemmour et d'Eric Ciotti.
Pour Christophe Castaner, peu importe le nom du candidat qui remportait le Congrès LR : "ça ne change rien, si Macron est candidat il ne fera pas une campagne en fonction de ses adversaires", a-t-il déclaré. "Il y a un point commun de Zemmour à Mélenchon : la détestation de Macron", a complété le député LREM.
Valérie Pécresse : "Eric Ciotti incarne cette 'droite Pasqua' que nous devons mettre à l'honneur"
Sur France Inter, ce lundi matin, Valérie Pécresse, justement, a rendu un hommage appuyé à son ancien adversaire Eric Ciotti, sur les terres duquel elle effectue ce vendredi son premier déplacement de candidate LR à la présidentielle.
"Il est l'héritier d'une droite de la droite, celle de Charles Pasqua. Cette droite répond à une vraie attente du moment, celle d'un électrochoc d'autorité dans la société, mais aussi à l'attente de plus de liberté économique", a estimé la candidate des Républicains. La présidente de la région Ile-de-France a souligné qu'Eric Ciotti aura une "place spéciale et singulière dans sa campagne car il incarne cette 'droite Pasqua' que nous devons mettre à l'honneur".
Après un déjeuner privé à Nice, les deux finalistes de la primaire LR se rendront à Saint-Martin-Vésubie où ils déposeront une gerbe à la mémoire des victimes de la tempête Alex de fin 2020, avant une réunion publique commune. Un signe d'unité, en ouverture d'une semaine dédiée au "rassemblement" de la famille politique. Pour autant, a-t-elle prévenu, les militants ont "tranché très clairement" en faveur de son projet qui "n'est pas un projet à l'eau tiède, qui est extrêmement fort, gaulliste, social et libéral". "Mon projet ne sera pas édulcoré. Il peut être enrichi, pimenté mais pas dénaturé par les propositions" des ex-candidats, a-t-elle assuré. "La droite est de retour, elle est vraiment debout", a lancé Valérie Pécresse.
Appelée elle aussi à donner son avis sur le meeting d'Eric Zemmour et les violences qui s'y sont déroulées, la candidate LR a dit retenir "de cette journée que la France a besoin à la fois d'ordre et de sérénité. Si on veut présider la France il ne faut pas céder aux provocations et il faut être serein. Les diviseurs n'ont jamais été les sauveurs de la France", a-t-elle commenté.
Et de poursuivre : "Les provocations dans les meetings ça existe, ce n'est jamais agréable, j'en ai eues comme tout le monde... Il faut savoir les vivre avec sang-froid, il faut surtout bannir la violence des meetings le plus possible dans les deux cas, l'extrême gauche peut parfois être ultra-violente dans les meetings".
Patrick Stefanini : "Eric Ciotti a été maladroit en utilisant la formule d'un 'Guantanamo à la française'"
Interrogée samedi soir sur TF1, Valérie Pécresse avait annoncé qu'elle ne reprenait pas à son compte certaines propositions phares d'Eric Ciotti, comme la création d'un Guantanamo à la française ou la priorité nationale pour les emplois. Pour son directeur de campagne Patrick Stefanini, Eric Ciotti "a été maladroit en utilisant la formule d'un 'Guantanamo à la française'". "Je suis même persuadé que cette formule qui est éminemment journalistique a échappé à Eric Ciotti", a-t-il affirmé sur BFMTV et RMC.
Patrick Stefanini a par ailleurs confirmé une information de Politico Playbook Paris : Eric Zemmour lui a bien proposé d'être son directeur de campagne "à la fin de l'année dernière ou au tout début de cette année". Mais le directeur de campagne de Valérie Pécresse a refusé, notamment parce que "ses convictions européennes" sont "aux antipodes""de celles du candidat d'extrême droite.
