Les futurs mariés ne sont pas déçu. Vincent Autin, l'homme qui épouse son compagnon Bruno Boileau mercredi à Montpellier pour former le premier couple homosexuel marié en France, a déclaré mardi qu'il ne regrettait pas l'absence de la ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti. "Je n'ai pas de regrets, je ne l'avais pas invitée", a déclaré Vincent Autin alors que Mme Bertinotti, dont la présence avait été annoncée à Montpellier par la mairie, a jugé préférable de rester à l'écart d'une cérémonie "de l'ordre de l'intime".

"Nous avons présenté avec Christiane Taubira cette loi. Elle a longuement été discutée devant le Parlement, elle a été votée, le Conseil constitutionnel l'a validée. Maintenant elle s'applique et nous rentrons dans l'ordre de l'intime", a expliqué la ministre sur RTL. "Je ne vois pas pourquoi ils (les politiques, NDLR) devraient être là", a complété Bruno Boileau.

Interrogé sur la présence à titre personnel de la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, M. Autin a confirmé que la ministre des Droits des femmes "vient parce que c'est une amie". "J'y serai d'abord par amitié", "c'est un engagement pris de longue date et je me réjouis de pouvoir le tenir demain", a dit Mme Vallaud-Belkacem sur France 3.

"On ne souhaitait pas la 'peopolisation' de notre mariage"

"Je n'ai invité que mes amis et ma famille. On ne souhaitait pas la 'peopolisation' de notre mariage", a ajouté Vincent Autin qui avait invité les télévisions à une rencontre dans un hôtel de Montpellier. "C'est un mariage citoyen. Si les députés sont intéressés à ce mariage en tant que citoyens, ils sont les bienvenus", a conclu Vincent Autin en réponse aux députés PS qui se sont prononcés contre "une scénarisation" des premiers mariages homosexuels.

"La loi est votée, les parlementaires ont permis un progrès de la société. Ce progrès appartient désormais à la société elle-même, appartient aux individus qui décideront de se marier. Qu'ils le fassent, qu'ils le fassent tranquillement", a déclaré le porte-parole des députés du PS, Thierry Mandon, élu de l'Essonne.