Une première victoire pour François de Rugy. L'enquête de l'Assemblée nationale dédouane le député, accusé d'avoir organisé des dîners privés fastueux quand il présidait l'institution, fragilisant la première révélation qui a abouti à la démission du ministre de la Transition écologique.

Les dîners au homard et aux grands crus, dévoilés photos à l'appui par Mediapart, étaient tous d'ordre "professionnel", ont révélé les médias dès vendredi soir. "Retour aux faits", a réagi sur Twitter l'ex ministre de la Transition écologique, qui a démissionné mardi. "Je m'exprimerai le moment venu", promet-il

Alors président de l'Assemblée nationale, François de Rugy et son épouse ont organisé une dizaine de dîners privés fastueux à l'Hôtel de Lassay entre 2017 et 2018, avait affirmé le 10 juillet Mediapart, dans le premier d'une série d'articles consacrés au ministre de la Transition écologique.

"Un travail de représentation, "du relationnel"

Images et témoignages à l'appui, le journal en ligne recensait une dizaine de ces dîners qui rassemblaient des invités appartenant, apparemment, au cercle relationnel et amical de son épouse Séverine Servat de Rugy.

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François de Rugy avait farouchement nié avoir commis une faute, mettant en avant "un travail de représentation" requis par ses fonctions. Il s'était aussi engagé, le cas échéant, à "rembourser chaque euro contesté". "Pour moi, ce n'est pas privé parce qu'en fait, c'est du relationnel", avait pour sa part déclaré au média en ligne Séverine Servat de Rugy : "Certes, ça appartient à un cercle amical mais on n'est pas là pour se taper la cloche".

Une "blague" pour Mediapart

Le journaliste d'investigation de Mediapart Fabrice Arfi a réagi sur Twitter à l'information de vendredi soir: "Des dîners "professionnels" dont Mme Rugy a confirmé dans un entretien enregistré le caractère "amical" des invités, que François de Rugy qualifie d'"informels" et dont plusieurs convives (ex : Aphatie) ont réfuté l'aspect professionnel... La blague".

Le ministre avait ensuite qualifié de "mensonge" une information, parue le 12 juillet dans le Parisien selon laquelle son épouse avait acheté avec l'argent de l'Assemblée un sèche-cheveux doré à la feuille d'or, pour 499 euros.

"Le sèche-cheveux n'est pas plaqué or. Il a été laissé à Lassay", a indiqué vendredi soir une source proche de l'enquête de l'Assemblée nationale, concluant : "Le rapport est en cours d'écriture. La confirmation est en cours".

Les résultats d'enquête attendus mardi

Mediapart avait encore évoqué un appartement loué par le ministre près de Nantes, "à loyer social préférentiel". François de Rugy avait répondu au média en fournissant de nombreux documents visant à prouver sa bonne foi.

Après une semaine de révélations, le n°2 du gouvernement a jeté l'éponge mardi, dénonçant au moment de démissionner un "lynchage médiatique", et continuant de protester de son innocence, sans se prononcer directement sur sa cotisation à son parti, EELV, payée par ses frais de député mais déduite sur sa déclaration d'impôts, toujours selon Mediapart.

Le résultat du contrôle ordonné par le président de l'Assemblée nationale doit être rendu public mardi prochain. Une autre enquête, lancée par Matignon concernant des travaux dans le logement de fonction du ministre, doit également rendre ses conclusions mardi.