Ségolène Royal en remet une couche. Et avec un argumentaire détonnant. Ce mercredi, dans le chaudron de l'Assemblée nationale, la ministre de l'Ecologie a affronté une nouvelle salve de critiques à la suite de ses propos polémiques de samedi dernier, où elle a minimisé les conséquences de la dictature de Castro.
LIRE AUSSI >> L'hommage sans nuance de Royal à Castro: la polémique en 3 actes
A Cuba, où elle représentait la France pour les funérailles du Lider Maximo, la numéro 3 du gouvernement avait formellement contesté les accusations de violations des droits de l'Homme à l'encontre de Fidel Castro et de son régime. Des propos contestés jusque dans les rangs du gouvernement, puisque le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault a lui-même recadré sa collègue.
Mais Ségolène Royal, en électron libre, n'en a cure. Elle le clame haut et fort: "Quand on demande des listes de prisonniers politiques [à Cuba], on n'en a pas." Devant la représentation nationale, elle va donc user d'un argument étonnant pour tenter de clore la polémique.
S'il y a des touristes, ce n'est pas une dictature
Interrogée par le député Les Républicains Damien Abad, elle déplore dans un premier temps la violence des attaques qui "l'a surprise" et qui a blessé "les Cubains", provocant des grondements sur les bancs de la droite. Elle explique alors pourquoi Cuba n'est pas une dictature: parce qu'il y a beaucoup de touristes qui s'y rendent.
LIRE AUSSI >> Propos de Royal sur Castro: une "faute politique" à cause du "rhum"?
"Je me suis exprimée sur la situation actuelle d'un pays [...] en train de s'ouvrir et qui reçoit 4 millions de visiteurs, de touristes, par an. Vous n'allez pas dire que 4 millions de personnes se rendent dans une dictature, ce n'est pas vrai, monsieur le député", argue-t-elle.
Elle dégaine ensuite un deuxième argument, en invoquant la venue du pape, deux fois, sous-entendant également qu'il ne serait pas venu si Cuba était une dictature: "Il faudra aussi m'expliquer, monsieur le député, pourquoi vous n'agressez pas de la même façon le pape qui s'est rendu deux fois à Cuba et qui a rencontré personnellement Fidel Castro."
LIRE AUSSI >> Mort de Fidel Castro: "Comment nier que Cuba est une dictature?"
Ce que ne dit pas la ministre, c'est que le pape François, en 2015, avait évoqué tout en subtilités les hypothétiques prisonniers politiques et les Cubains en exil. "Je voudrais aussi que mes salutations arrivent, en particulier, à toutes ces personnes que, pour divers motifs, je ne pourrai pas rencontrer et à tous les Cubains dispersés à travers le monde" avait-il lancé, rappelle Le Lab d'Europe1.
