Résolution contre l'antisémitisme, acte II

Depuis le printemps, un projet de résolution transpartisane contre l'antisémitisme empoisonne la majorité. Ses détracteurs au sein du groupe LREM reprochent au texte, porté par le député de Paris Sylvain Maillard, de lier formellement antisémitisme et antisionisme. Ils craignent de ne plus pouvoir critiquer librement la politique d'Israël si la résolution est adoptée. A la demande du président du groupe macroniste, Gilles Le Gendre, le député Sylvain Maillard a repris ses travaux. Tout est affaire d'adverbes. Dans la nouvelle version, "parfois" remplacerait "souvent" dans la phrase suivante : "Ce masque de l'antisémitisme, nous le connaissons : il s'agit souvent de l'antisionisme." Maillard estime avoir trouvé "un équilibre". "Il peut y avoir des réflexions antisionistes qui ne sont pas antisémites, confie-t-il. Mais je voulais aussi que l'on rende compte de la réalité. Certains disent 'sale sioniste' au lieu de 'sale juif'." Le texte pourra être à nouveau examiné début décembre, mais le groupe LREM n'a pas encore confirmé son inscription à l'ordre du jour. Les députés ont récemment reçu un fascicule de la Plateforme des ONG pour la Palestine - une organisation regroupant des associations françaises réclamant la reconnaissance d'un Etat palestinien -, farouchement opposée à la résolution. J.-B. D.

La clef de Retailleau

"Ma proposition est faite !" s'enthousiasme le président du groupe LR au Sénat. Depuis plusieurs semaines, ce dernier planche et fait plancher des juristes sur la façon d'interdire les listes communautaires dès les prochaines élections municipales. Alors que le gouvernement y a renoncé pour des raisons constitutionnelles, Bruno Retailleau se félicite d'avoir trouvé "une clef"... dans la Constitution ! Il déposera donc un projet de loi dont le contenu sera dévoilé vendredi 8 novembre. Et tance au passage le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sebastien Lecornu, qui a proposé de surveiller "l'après-élection" : "Vouloir intervenir a posteriori, c'est ne rien faire." Et le sénateur de Vendée de citer cette célèbre formule du "petit père Queuille" : "L'immobilisme est en marche, rien ne pourra l'arrêter !" L. D.

Marine Le Pen bientôt aux Antilles

La présidente du Rassemblement national envisage de se rendre en Guadeloupe et en Martinique, du 10 au 15 décembre. Un déplacement important et à haut risque : depuis qu'elle dirige le parti, elle n'y a jamais mis les pieds. En 2012, Marine Le Pen avait songé à faire le voyage, avant d'annuler. Idem en 2017 : la candidate à la présidentielle avait finalement fait marche arrière. La raison ? D'importantes manifestations attendent chaque fois la leader d'extrême droite. En 1987, Jean-Marie Le Pen n'avait pas réussi à se poser en Martinique, des cortèges ayant envahi la piste d'atterrissage. C. V. L. C.

Hollande et le "crétinisme parlementaire"

C'est peu de dire que l'ancien président n'a pas apprécié les réactions qui ont suivi l'interpellation d'une mère d'élève voilée par un élu RN du conseil régional de Bourgogne - Franche-Comté. "Karl Marx évoquait le crétinisme parlementaire, on y est : le RN exprime une provocation que tout le monde condamne, mais plutôt que d'acter que la démocratie est capable de réagir intelligemment face à un tel débordement, ben non, on y est allé ! Et puis de bon coeur. Le ministre de l'Education nationale en personne, en disant que 'le voile n'est pas souhaitable dans notre société', puis on a eu un débat sur un foulard, un demi-foulard, voilà ce qui fait que les musulmans se sentent stigmatisés. Tout cela profite au RN." L. D. et L. G.