Décidément, les propos de Ségolène Royal ont du mal à passer. Seule membre d'un exécutif européen, avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, à assister à Cuba aux cérémonies en l'honneur de Fidel Castro, elle avait nié dimanche l'existence de prisonniers politiques à Cuba.
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"La France n'a pas à donner de leçon (...) certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l'Homme alors qu'on sait qu'ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n'en a pas", avait déclaré la ministre de l'Ecologie. De quoi s'attirer les foudres de la droite mais une aussi d'une bonne partie de la gauche. Et ce lundi, la polémique ne se calme pas.
"Inacceptable"
Pour Jean-Pierre Raffarin, ces affirmations constituent "une faute morale et politique". Sur RTL, l'ancien Premier ministre estime ce lundi que la sortie de l'ancienne candidate à la présidentielle "mérite sanction" alors qu'un remaniement gouvernemental se profile.
"La question, aujourd'hui, c'est est-ce que le président de la République peut avoir de l'autorité sur Mme Royal? Il s'agit d'une faute politique. Elle représente la France, elle dit des choses qui sont contraires à la position de la France, ce qui est dit est quelque chose d'inacceptable et donc, de mon point de vue, la République et l'exécutif doivent la sanctionner."
Même tonalité, sur BFMTV, pour le député LR des Hauts-de-Seine, Thierry Solère. Le futur porte-parole de François Fillon s'est dit "consterné" et dénonce lui aussi une "faute morale et politique", appelant le président à "recadrer" sa ministre.
Jack Lang "attristé"
Cash également, Jack Lang, sur France Inter, se demande si la numéro 3 du gouvernement n'avait "bu un peu trop de rhum à son arrivée à La Havane?". Lui-même "ami de Cuba", l'ancien ministre de la Culture a estimé, à rebours des déclarations de la ministre, que le régime castriste "est un régime de répression et d'oppression". "On ne peut pas à ce point nier la réalité", a observé l'ancien ministre de la Culture, "attristé", qui a rappelé le nombre de fois qu'il avait dû intervenir "pour libérer des prisonniers politiques et des artistes, et des poètes"
Concernant une éventuelle sanction à l'encontre de Ségolène Royal, le président de l'Institut du monde arabe préfère botter en touche: "Je n'en appelle à rien du tout, je suis attristé". Interrogé sur Franceinfo, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, n'a pas, non plus, caché son embarras: "Ce n'est pas moi qui décide", a-t-il évacué, martelant toutefois que Cuba "n'est pas une démocratie".
Le soutien de Mélenchon
Seul à défendre Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon estime au contraire que les propos de Ségolène Royal rétablissent "l'équilibre". "Fidel Castro mérite mieux que cet opprobre qui lui est fait continuellement. Il a apporté beaucoup de choses", a déclaré dimanche le candidat "insoumis" à la présidentielle.
"Naturellement son bilan, comme celui de tout être humain, est contrasté. Mais je trouve insupportable cette hargne qu'il y a contre lui. Et pour le coup, je dis merci à Ségolène Royal d'avoir, en forçant un peu le trait, rétablit un petit peu d'équilibre."
