Chaque matin, à l'approche de la présidentielle, L'Express vous sélectionne les meilleurs passages des politiques dans les médias.

Les chaînes de télévision TF1 et LCI ont annoncé lundi qu'elles diffuseraient mercredi soir un grand entretien avec Emmanuel Macron, dans lequel il sera notamment interrogé sur le bilan de son quinquennat. Mais cette intervention n'est pas au goût de tous. La candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse a déjà annoncé qu'elle saisissait le CSA après l'annonce de cette émission, au moment même où elle-même devait intervenir sur BFMTV. "On ne peut pas avoir un président candidat qui se fait ouvrir les chaînes de télévision à la demande et pendant des heures fait sa campagne, alors que ses adversaires doivent se contenter de cinq minutes de duplex pour lui répondre", a précisé Valérie Pécresse.

Eric Ciotti : "Tous les leviers du pouvoir sont mobilisés par l'exécutif pour faire campagne de façon indécente"

Finaliste du congrès LR pour l'investiture à la présidentielle, Eric Ciotti a dénoncé ce mardi matin sur LCI "un acte de basse propagande électorale". "Cette façon de s'inviter sur les médias, de livrer campagne avec tous les outils de l'Etat, de délivrer sa propagande, d'utiliser la présidence de l'UE pour en faire un vecteur de campagne est extraordinairement choquante", a estimé le député LR, demandant des "clarifications" à ce sujet.

"Le temps de parole d'Emmanuel Macron doit être celui d'un candidat et non pas celui d'un président de la République", a-t-il déclaré. Pour Eric Ciotti, Emmanuel Macron "utilise les institutions pour mener une campagne qui n'en porte pas le nom". "Tous les leviers du pouvoir sont mobilisés par l'exécutif pour faire campagne de façon indécente", a-t-il dénoncé.

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"Si les Français veulent battre Emmanuel Macron, il n'y a qu'une candidate à choisir : c'est Valérie Pécresse", a par ailleurs souligné le représentant de l'aile droite de LR. "Si on veut que la France se redresse, si on veut enrayer ce déclin, et bien il faut faire battre Emmanuel Macron. Pour cela il n'y a que Valérie Pécresse", a-t-il martelé.

Christophe Castaner : "Valérie Pécresse est marquée d'amnésie"

Sur France 2, Christophe Castaner a de son côté défendu Emmanuel Macron, "qui est président de la République et donc communique avec les Français". Il a dans la foulée critiqué Valérie Pécresse, "marquée d'amnésie", voulant "effacer le fait qu'elle ait été ministre du Budget et augmenté la TVA de 5,5 à 7%, effacer les hausses d'impôts et effacer son propre passé". Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale a regretté que Les Républicains "poussent des cris d'orfraie" et "instrumentalisent la démocratie".

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Selon Christophe Castaner, le but de l'entretien du chef de l'Etat mercredi soir est de "dialoguer avec les Français à travers des journalistes sur la totalité du quinquennat" mais aussi de "regarder ce que nous n'avons pas réussi et assumer cette part de difficultés que nous avons rencontrées".

Le député LREM a par ailleurs évoqué les "situations de tensions extrêmement fortes dans les hôpitaux". "On a mis en place le numerus clausus en 1971, on le paye aujourd'hui", a-t-il noté. "On a fait un choix malthusien en matière d'offre de soin, pensant que s'il y avait moins de soignants, il y aurait moins de malades", a-t-il rappelé, évoquant "encore plusieurs années d'efforts" à fournir pour que la situation s'améliore.

Gabriel Attal : "On ne va pas fliquer le Noël des Français"

Sur Franceinfo, un autre cadre de la majorité, Gabriel Attal, a critiqué Valérie Pécresse, qui a la "fébrilité comme moteur et l'hypocrisie comme carburant". Le porte-parole du gouvernement a évoqué le programme présenté par la candidate LR lors du Congrès, prenant ses distances avec les "suppressions massives de postes dans la fonction publique". "C'est plus un inconvénient qu'un avantage de ne pas être en campagne aujourd'hui pour nous car on a moins la possibilité de répondre aux critiques et on continue à faire des réformes", a-t-il estimé.

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Sur le front du Covid, le conseil scientifique a alerté lundi contre le risque de "croissance rapide en France" du variant Omicron, dont l'impact pourrait se faire sentir "dans les semaines qui viennent". En France, 133 cas ont été officiellement détectés, a rappelé Gabriel Attal. Pour autant, le gouvernement n'entend pas à ce stade modifier sa stratégie principalement basée sur la campagne de rappel du vaccin, même si les fêtes de fin d'année se profilent. "Les Français vivent depuis deux ans avec le Covid, ils ont déjà eu un Noël sous Covid, ils savent comment faire, ils savent qu'il y a des personnes plus à risque que d'autres, qu'il y a des situations plus à risque que d'autres", a affirmé Gabriel Attal. "Je ne suis pas dans cette infantilisation à fliquer le Noël des Français", a lancé le porte-parole du gouvernement.

Raphaël Glucksmann : "Le spectacle offert à gauche est affligeant"

Alors que la gauche a affiché ses profondes divisions ces derniers jours, à la suite de l'appel d'Anne Hidalgo en faveur d'une primaire qui a été balayé dans la foulée par Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann a regretté sur BFMTV et RMC un "spectacle affligeant" à gauche et un "niveau de pathétique jamais atteint dans ce pays".

"On a une atrophie et une division comme on en a jamais connues. Autant de candidats pour aussi peu d'électeurs, c'est une farce, dans un moment de notre histoire extrêmement dur", a dénoncé le député européen Place publique. Il s'est dit "en colère" face à cette situation, souhaitant par ailleurs "moins de candidats pour plus d'idées".