Richard Ferrand a-t-il un sens aigu des affaires? Déjà visé par une enquête judiciaire portant sur une transaction immobilière de 2011, le ministre de la Cohésion des territoires aurait conclu une autre opération financière controversée en septembre 2016, rapporte ce mardi Mediapart. Selon le site d'informations, celle-ci est entièrement légale et ne peut faire l'objet de poursuites judiciaires. Elle pose en revanche question sur le plan de l'éthique, au moment où le gouvernement présente une loi sur la moralisation de la vie publique.
Pour comprendre "l'affaire", il faut remonter en septembre 2012. Richard Ferrand, devenu député PS du Finistère, est à la recherche d'une permanence parlementaire. Il fait alors l'acquisition d'un "rez-de-chaussée de maison" d'une surface de 135m carré à Châteaulin (Finistère), une commune située dans sa circonscription. L'homme devient propriétaire.
De l'utilisation de fonds publics?
En 2016, Richard Ferrand quitte le Parti socialiste pour devenir secrétaire général d'En Marche! et rejoindre les couleurs d'Emmanuel Macron. Au mois de septembre, raconte Mediapart, il vend une partie de la surface de sa permanence parlementaire, 40m carré précisément, à une société immobilière civile (SCI) appartenant à des élus locaux socialistes. Ces derniers sont à la recherche d'un nouveau local pour y installer leur fédération, le précédent étant, disent-ils, "vétuste". Montant de la transaction: 40 000 euros.
En soi, l'opération est irréprochable. Mais Mediapart se demande si Richard Ferrand n'a pas utilisé son "indemnité parlementaire pour frais de mandat" (IRFM) pour acheter son bien. Auquel cas, il se serait enrichi avec des fonds publics.
Ferrand n'a pas répondu
Contrairement à la réserve parlementaire, l'utilisation de ces fonds, d'un montant de 5770 euros brut, est totalement opaque et n'est jamais rendue publique. Le site d'informations n'en a pas la preuve: sollicité par leurs soins, le ministre de la Cohésion des territoires n'a pas souhaité répondre.
Si Richard Ferrand a bien utilisé de l'argent public pour sa permanence, l'opération n'en reste pas moins légale. Jusqu'en 2015, date à laquelle l'Assemblée nationale a décidé de réprimer la pratique, les députés pouvaient utiliser leur IRFM pour acheter des biens immobiliers.
