Ses conseillers lui avaient ouvert deux voies: poursuivre un discours de chef des armées concentré sur les troubles du monde ou se concentrer sur les difficultés quotidiennes des Français dans un discours social. François Hollande a choisi la première. Son discours d'une quarantaine de minutes a été largement consacré aux sujets internationaux et même lorsqu'il s'est agi de parler de la crise économique, le chef de l'Etat l'a largement fait sur le terrain européen, annonçant des discussions serrées avec Bruxelles et Berlin.

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Ainsi espérait-il prendre de la hauteur. Mais lorsqu'on est lesté d'autant de boulets -livre de son ex-compagne, secrétaire d'Etat atteint de "phobie administrative", sondages catastrophiques, majorité rétrécie, impossible de quitter la terre ferme.

Sans cesse, les journalistes l'ont ramené à des sujets bien plus prosaïques. La moitié de son quinquennat n'est pas encore atteinte que déjà François Hollande est pressé de questions sur son avenir. Que l'on parle autant de 2017 est symptomatique de la crise de régime traversée. "Je ferai ce mandat pleinement, complètement sans me préoccuper de ma popularité qui est dans l'état que vous savez", a-t-il déclaré.

Sarkozy balayé en deux phrases

Est-ce à dire que François Hollande a manqué son rendez-vous? Paradoxalement, il n'a jamais été aussi bon que lorsqu'il a dû répondre à ce type de questions. Interrogé sur le retour de Nicolas Sarkozy, il a expédié le cas de son adversaire en quelques phrases, le renvoyant à son combat contre Bruno Le Maire et Hervé Mariton ("Je ne commente pas les éventuelles déclarations de candidature à la tête d'un parti") ou aux livres d'histoire ("ceux qui ont gouverné hier et avant-hier"). Le contraste était saisissant avec un président maladroit dans son discours préliminaire (lapsus, mots avalés, hésitations).

Reste qu'entre le discours social ou la posture présidentielle, les Français risquent bien de retenir les quelques phrases sur la difficulté d'être président ou sur ce qu'il compte faire dans deux ans et demi quand eux seront appelés à désigner un nouveau président.