La situation est exceptionnelle. Elle l'est par la faiblesse politique du président, que révèlent des sondages chaque jour plus calamiteux, par l'humiliation publique provoquée par son ex-compagne, par la colère qui guette la population, marquée par les "sans-dents" ou par le cas Thevenoud. A situation exceptionnelle, réponses... classiques. Voire banales. La France gronde, la crise économique tourne au démocratique et voilà François Hollande qui disserte sur 2017, une question que plus personne, dans l'état actuel des choses, ne se pose pour lui dans le pays. Qui entame sa joute à distance avec Nicolas Sarkozy, qu'il attend partout, y compris sur le terrain de la Libye -"On ne peut pas juste bombarder", a-t-il lâché, dénonçant "la grande responsabilité de la communauté internationale" dans le chaos d'aujourd'hui. Et qui se justifie même de ne pas avoir demandé de parapluie à l'île de Sein...

De la quatrième conférence de presse du chef de l'Etat, on retiendra d'abord cela, cet immense décalage entre le pays et un homme. Certes, François Hollande a employé des expressions sombres comme jamais il ne l'avait fait jusqu'à présent ("climat de défiance lourd", "tocsin", "défiance de la société" etc). "La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil", disait Char. La lucidité nouvelle de François Hollande le ramène à la pluie : il n'a pas pu dissimuler à quel point il était sur la défensive. Il approche la moitié de son mandat et son principal objectif est de persuader qu'il en atteindra le terme. Il a commencé par une anaphore -"Pas facile"- et en a terminé par une autre: "Dur". Cruel résumé.