Christian Estrosi invite la droite et le centre à soutenir Emmanuel Macron en 2022, sous conditions, dans une interview publiée par Le Figaro. "Passons un accord", a déclaré le maire de Nice, causant une petite déflagration chez les cadres du parti Les Républicains. L'ancien ministre de la défense Gérard Longuet réagit pour L'Express à cet appel. Selon le sénateur LR de la Meuse, un accord est possible, mais à condition de changer le système parlementaire.

L'Express : Christian Estrosi souhaite un accord de la droite avec Emmanuel Macron. Est-ce que vous l'approuvez ?

Gérard Longuet : Depuis l'instauration du quinquennat, en 2002, la question est de savoir si un président élu a besoin d'un accord partisan. En apparence, non, puisqu'ils ont tous disposé d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale. L'idée d'un contrat est aujourd'hui impossible car il n'y a aucune autorité politique qui puisse faire respecter ce contrat. Comme, par exemple, une majorité parlementaire de coalition.

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A quelles conditions pourrait-il y avoir un accord entre Emmanuel Macron et Les Républicains ?

Il faudrait découpler la majorité présidentielle de la majorité législative. Pour ça, deux solutions. La première, c'est de passer par le calendrier, avec par exemple une assemblée élue pour quatre ans, puisqu'il est peu vraisemblable de revenir au septennat. La seconde solution, c'est une dose de proportionnelle significative, proche du système allemand. Ce serait une redistribution complète, mais pourquoi pas !

Vous partagez pourtant le constat de Christian Estrosi sur l'absence de leader incontesté et incontestable au sein des Républicains. Que proposez-vous comme solution ?

Je reste partisan de la primaire. Elle a le mérite d'évaluer le poids de chacune des familles de pensée qui constituent la droite républicaine. Je reconnais qu'en dépit du réel succès populaire de fin 2016, il y a eu d'autres problèmes, en particulier celui de la représentativité de l'électorat, où les gens de fortes convictions se mobilisent plus.

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Vous regrettiez qu'en 2017 il n'y ait pas eu d'accord entre Emmanuel Macron et Les Républicains après le premier tour...

Nous ne pouvons pas voter pour Marine Le Pen, il fallait le dire clairement et en tirer la conclusion évidente. Que demandions-nous au futur président - sur deux terrains, par exemple, comme l'ordre républicain et les finances publiques - et avec quelles garanties ?