Certains compliments piquent comme les épines d'une rose. L'étude de la très libérale fondation Ifrap montrant que François Hollande remporte la palme de la gestion des deniers publics, devant Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, fait partie de ceux-là. La rose socialiste a sans doute fané - et l'exercice du pouvoir n'y est pas pour rien - mais dans la catégorie du droit d'inventaire, il n'est pas inutile de revisiter le bilan du dernier président socialiste. Car il y a chez François Hollande du Gerhard Schröder - du moins avant que celui-ci ne ternisse sa réputation dans des aventures russes très controversées. L'ancien chancelier social-démocrate avait initié des réformes libérales puissantes sur lesquelles a surfé Angela Merkel, qui lui a succédé en 2005.

LIRE NOTRE GRAND ENTRETIEN : François Hollande : "Poutine exerce une séduction étrange sur certains"

Voilà qui rappelle une histoire bien française. La politique de l'offre avec le crédit compétitivité emploi ? La réforme des retraites de Marisol Touraine, saluée par tous pour son sens de l'équilibre et son réalisme ? La loi travail de Myriam El Khomri ? La (légère) baisse des dépenses publiques ramenées entre 2012 et 2017 de 57,1% à 56,5% du PIB ? Le retour du déficit public dans la fourchette maastrichtienne des 3% du PIB ? La (fameuse) inversion de la courbe du chômage ? Autant de réalisations signées François Hollande.

Infographie

Infographie

© / Dario Ingiusto / L'Express

"Tout président travaille pour son successeur"

"Tout président travaille pour son successeur", résume, non sans une pointe d'amertume, le prédécesseur d'Emmanuel Macron, qui, devant les journalistes de L'Express, préfère mettre l'accent sur ses mesures sociales actées. Histoire de suggérer qu'il est en même temps l'héritier de Pierre Mendès France et celui de François Mitterrand. "Les comptes en désordre sont la marque des nations qui s'abandonnent", avertissait le premier. "Mon problème n'est pas d'agir comme un bon secrétaire général adjoint du Parti communiste, mais comme un premier secrétaire du Parti socialiste désireux de servir son parti", confiait le deuxième à L'Express en juin 1971, au lendemain du congrès d'Epinay.

La timide rigueur budgétaire engagée par François Hollande a été engloutie par le Covid et la machine à cash macronienne. Quant à l'actuel parti socialiste, il a perdu la bataille face à la gauche mélenchoniste. Mais où sont passés les garde-fous de la social-démocratie ?